En progrès dans la production du jeu par rapport à Montpellier et Bordeaux, Boulogne a tout donné hier soir, et même mené deux fois au score. Mais en face, c'était le nouveau Lille, rasséréné par sa balade praguoise (5-1) et qui s'est encore appuyé sur la classe de Gervinho et le réalisme de Frau pour faire la différence.
PAR PHILIPPE CADART
sports@lavoixdunord.fr PHOTOS GUY DROLLET ET MAX ROSEREAU
L'apparition a été brève, très brève. Visiblement agacé, Laurent Guyot, a fait court, très court. Court comme jamais, du reste, en interview d'après-match. « Je suis très fier de ce qu'ont fait mes gars ce soir. Je serai rapide car d'autre ont déjà fait leur intervention. J'ai besoin de calme et de recul pour ne pas dire de bêtises. Mais je le répète, je suis fier du visage montré ce soir par mon équipe. Même si c'est une mauvaise opération sur un plan comptable, nous avons montré de belles choses, nous sommes en progrès. Pour le reste, je vous l'ai dit, j'ai besoin de recul », lâcha-t-il avant de repartir d'un pas alerte au vestiaire.
En filigrane, on pouvait traduire : « Tout ça pour ça ». Voir un peu plus... Bruno Dupuis, le directeur sportif boulonnais, éclaira alors notre lanterne : « Rudi Garcia a joué les Aulas en allant trouver M. Viléo dans son vestiaire à la pause, c'est inadmissible. En seconde période, l'arbitrage n'est plus le même. Ce sont des détails, mais ils font mal, à l'exemple de la charge non sifflée sur Dembele en fin de match.
» On comprenait donc mieux pourquoi Laurent Guyot ne voulait pas dégainer trop vite.
Mais bon, même si M. Viléo a eu quelques décisions qui ont irrité le public boulonnais, sur le fond, Lille, en total renouveau, a mis les points sur les i quand il l'a voulu.
Dix minutes de pression
Grâce à deux hommes : Gervinho, buteur avant la pause et qui donna le tournis aux défenseurs boulonnais sur l'égalisation lilloise à 2-2 et Pierre-Alain Frau, déplacardisé par la grâce du boss et intraitable dès qu'un ballon traîne dans la surface. « On a certes agi en réaction, mais c'est aussi qu'on n'a pas été vernis quand Dumont tire sur la barre (22e). Jusqu'à l'égalisation, je n'ai rien à reprocher à mes joueurs, en revanche, quand Boulogne marque son deuxième but alors qu'on a fait le plus dur en égalisant, alors là, je dis, c'est inadmissible. On a su réagir, être efficaces après de belle séquences. On disait en début de saison que ça allait venir, voilà, c'est venu. Ça fait huit buts en deux matchs », confia Rudi Garcia, dont le gentil recadrage au repos fut suivi d'un violente réaction de ses ouailles. En l'espace de dix minutes, Lille, qui avait craqué en première période sur des corners d'Agouazi exploités par Dembele (1-0, 33e) et Blayac (2-1, 45e +2), mais qui avait réussi à égaliser grâce à Gervinho (1-1, 42e), revint avec les crocs. Gervinho fit tellement le bazar dans la défense boulonnaise qu'à la conclusion d'une chandelle d'Obraniak, Soumaré ne put que remettre plein axe. Et « PAF » : 2-2 (51e). Six minutes plus tard, Dembele eut une relance malheureuse. Gervinho mit Mavuba dans les meilleures conditions pour armer, mais le poteau sauva Valverde, auteur de nombreux arrêts réflexes de toute beauté. Devinez qui traînait par là ? Frau, forcément : 2-3 (57e). Boulogne prit un vilain coup derrière les oreilles, mais y alla ensuite d'un joli baroud. En vain...