dimanche 28.12.2008, 15:03 - PAR RICHARD GOTTE
Révélé dès ses débuts avec VA la saison dernière, Carlos Sanchez a confirmé son talent et son potentiel malgré son jeune âge et l'année pourrie du foot valenciennois. Jeune homme posé et cultivé, l'international colombien porte un regard humble et passionné sur son parcours.
Demain, à sa descente d'avion en provenance d'Uruguay, Carlos Sanchez remettra le bonnet et les gants. De toute urgence. Une semaine au soleil de l'hémisphère Sud (où c'est l'été), dans la famille de Noelia, sa fiancée, ne lui a pas fait oublier la rigueur climatique de sa vie professionnelle. Ça va piquer, c'est sûr « Dès qu'il fait froid, j'ai mal aux mains, aux oreilles. Même en match, ça ne chauffe jamais de ce côté là »
Le Carlos qui se raconte est atablé, en T-shirt et au chaud, dans un bar valenciennois. Les biceps plein les manches, les pectoraux en forme et, de part et d'autre d'un sourire en banane, deux pierres précieuses qui font briller les oreilles. Meilleur Valenciennois de l'année, il se dit honoré. Et sourit plus fort encore. Originaire de la province du Choco (côté Pacifique), le Colombien a grandi au contact de la forêt amazonienne. Là-bas, la glace ne se croise qu'au frigo et les fruits sont exotiques. Banane, goyave, maracuja, mangue « Vous savez, il existe différentes mangues », détaille-t-il la voix gorgée de sucre.
Outre la couleur du jardin de son enfance, l'autre coupure avec le pays lointain, c'est la musique. « En Colombie, il y en a partout. La rue, la voiture, la maison. » Quel genre ? « La salsa, le regaeton, j 'adore ! » De quoi encore mieux apprécier ses changements de direction balle au pied. « À 12 ans, j'ai dit moi, c'est le foot », raconte le seul joueur aligné par Antoine Kombouaré à chaque match cette saison. Pas si simple. Famille modeste, papa artisan, maman vigilante sur les études. Le gamin doué est quand même repéré dans la rue. Direction l'école Alexis-Garcia à Medellin, la même que le gardien niçois
Ospina. Puis très vite l'Uruguay, à 17 ans. Quatre saisons pour apprendre. « J'ai un petit amour pour ce pays. J'y ai rencontré ma fiancée, eu l'opportunité de devenir pro et connu ma première sélection nationale. Que des bons moments. » Débarqué en France en juin 2007 sans voir le coup arriver (lire par ailleurs), Carlos écarquille les yeux. « Ce qui m'a tout de suite frappé, c'est le tramway Wouaouh ! Ici, c'est la classe, la vie est tellement différente. »
Venu pour le foot, il ne se laisse toutefois pas aveugler. « Dans matête, je me suis dit maintenant, ilfaut montrer. Il y a plus d'argent,mais le foot c'est le même. Et je doisrendre la confiance. » Son adaptation est spectaculaire. Aujourd'hui, il parle notre languecouramment et regarde les films en français. À cent pourcent concentré sur son métier, il ne sort pas (« La nuit, oh non, paspour moi ») et met tout en oeuvre
pour réussir. Sans garantie. Exigeant avec lui-même, son début de saison le laisse ainsi sur sa faim. « Ce n'est pas le même Carlos que quand je suis arrivé. Je suis sûr que je peux donner plus. J'ai toujours envie de confirmer, j'ai la rage. » Kombouaré, qui adore ce discours, pousse sa graine de champion suivie par quelques grands d'Europe. « Le coach a confiance en moi. Il m'encourage mais me dit aussi de toujours travailler plus. Quand il me regarde dans les yeux, j'ai le sentiment qu'il me fait passer quelque chose. » Pour l'heure, les deux hommes ont devant eux l'immense challenge du maintien en 2009. Ils y croient fermement. « Il faut avoir conscience que si on donne tout, si on en a tous envie, on va aller le chercher », insiste un Sanchez soudain prêt à mordre. Pour lui qui rêve de jouer dans le nouveau stade (« Ce sera la classe ! »), la malchance est passée et la confiance ne doit plus faiblir. En référence absolue, il dégaine même Steven Gerrad, l'un de ses modèles. « Lui dans sa tête, on voit qu'il pense personne n'est meilleur que moi. Et c'est pour ça qu'il est le meilleur. » Sans crier gare, son regard vous a fixé. On a le sentiment qu'il fait à son tour passer quelque chose.
1. En 2008, sur deux demi-saisons, VA
n'a pris que 31 points (16 + 15) en trentehuit
matchs.
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michelrennes : j'espère que le président et l'encadrement de VA ne se trompent pas avec les départs...
patoche203 : On a toujours été con à Valenciennes , on se dépouille et après c'est la catatrosphe ,...
patrick37 : S'il est effectivement parti pour moins d' un million d'euros , VA l'a bradé...
crisval : je ne comprends pas pourquoi l'avoir ainsi bradé, il doit valoir entre 2 et 3 millions...
SmagColl : encore un international de plus qui peut-être sélectionné pour la CAN, ça commence à faire...