David Ducourtioux : « On stigmatise trop l'image du footballeur »
mercredi 11.01.2012, 15:32 - RECUEILLI PAR RICHARD GOTTE
David Ducourtioux, le joueur du VAFC, est un garçon unanimement salué pour sa sympathie. - PHOTO BRUNO FAVA
Elu Ballon d'eau fraîche par un vote du public orchestré par notre confrère « Les Cahiers du football », David Ducourtioux, 33 ans, savoure cette reconaissance avec une forme de gêne. Reconnu pour son fair-play, son rôle d'équipier modèle, sa polyvalence, son humanisme, ses engagements de secouriste et de syndicaliste du foot, le capitaine de VA ne considère pourtant pas être un oiseau si rare que ça dans le monde du foot.
- David, qu'est-ce que ça fait d'être Ballon d'eau fraîche le jour où Lionel Messi est Ballon d'or ?
« (Sourire) C'est dommage, il me vole un peu la vedette... »
- Cette récompense vous fait-elle plaisir ?
« Bien sûr, il ne faut pas le cacher. Mais le paradoxe, c'est que je suis récompensé pour ma discrétion alors que ça fait parler de moi. Et je n'aime pas parler de moi. »
- Oui, mais tout le monde ne mérite pas une telle distinction...
« Attendez, il pourrait y avoir cent cinquante collègues de L1 sur le podium ! On stigmatise trop l'image du footballeur. C'est la médiatisation qui veut ça. On ne retient que les joueurs "fashion", les grosses voitures, etc. Bien sûr que les professionnels sont des privilégiés en raison de leurs gains. Mais tout le monde n'a pas la même attitude. Comme dans n'importe quelle entreprise, certains se font remarquer et d'autres non. Mais avec la médiatisation, ceux qui se font remarquer, on les voit beaucoup... »
- C'est quand même mieux d'avoir le Ballon d'eau fraîche que le Ballon de plomb, non ?
« C'est sûr. Le Ballon de plomb, ça fait sourire quand on ne l'a pas. Mais ça doit être difficile à vivre quand on est l'élu. »
- Comment considérez-vous votre rôle d'exemple ?
« On se doit d'avoir une valeur exemple en tant que personnage public. Il faut essayer de véhiculer une image exemplaire et une image saine. Après, il ne faut pas tout confondre. En tant que parent, je ne demande pas à mes enfants de regarder les footballeurs pour apprendre les valeurs de la vie. Et si on doit être exemplaire, on ne peut pas être parfait. Je me sens bien en tant que footballeur mais je ne cautionne pas non plus tous les comportements dans la profession. »
- Vos équipiers vous ont-ils félicité ?
« (Sourire) Oui, je me suis bien fait chambrer. Et j'ai reçu beaucoup de bouteilles d'eau... En tout cas, cette récompense est aussi une récompense pour le club, son état d'esprit, sa manière de fonctionner. »
- Revenons à la compétition. Comment avez-vous apprécié la qualification au Mans en coupe ?
« Nous sommes contents d'être qualifiés. C'est très bien. Mais c'est aussi un sentiment mitigé car nous n'avons pas été bons. En première période, on se fait bouger, on marque contre le cours du jeu. A Bordeaux, il faudra être bien meilleur que ça... Enfin, le résultat, on le prend. Ca compense toutes les fois où on avait bien joué sans gagner. Là, on a été moins beau. Le point positif, c'est quand même la seconde période où on a bien géré et concédé très peu d'occasions. »
- Pensez-vous que cette première victoire à l'extérieur peut vous permettre de vous libérer ?
« Nous n'étions pas si crispés que ça. Je ne pense pas qu'il y a ou qu'il y avait un blocage. Je pense vraiment qu'on peut battre tout le monde. Ca bosse bien à l'entraînement, il y a de l'engagement. L'envie, on l'a et on l'a toujours eue. On a toujours fait des choses consistantes et cohérentes. Il faut juste qu'on parvienne à enchaîner les résultats. »























