Valenciennes a enfin brisé la glace à l'extérieur
dimanche 05.02.2012, 05:35 - À DIJON, PAR ANTOINE PLACER
Gaël Danic et Renaud Cohade, le duo qui a fait gagner VA.
| FOOTBALL LIGUE 1 : DIJON - VAFC (vingt-deuxième j |
Près de dix mois que VA attendait ça : une victoire à l'extérieur, obtenue dans un froid polaire et des conditions indignes du foot professionnel. Mais les Valenciennois s'en moquent : après leur couac face à Ajaccio, ce succès obtenu sur le dos de Dijon (2-1), un autre concurrent direct, est le bienvenu.
Les murs du vestiaire ont tremblé sous les cris de joie. Un peu plus tôt, Daniel Sanchez s'était retourné vers son banc, les poings serrés, brandis vers le haut. VA, hier, s'est soulagé d'un poids. Dix mois qu'il courait après un succès loin de ses bases, quatorze déplacements consécutifs (dix défaites, quatre nuls) qu'il tendait l'autre joue. À Dijon, les joueurs de Daniel Sanchez ont mis fin à cette série un peu honteuse pour un club qui veut grandir.
Et ont peut-être trouvé une clé pour passer un cap. « Psychologiquement, ce succès peut nous faire du bien, a souligné Daniel Sanchez.
On sera peut-être un peu plus sereins pour aborder nos prochains déplacements. » VA en a bien besoin, alors que cette fâcheuse manie était un drôle de boulet dans la course au maintien.
Pelouse gelée
Bien sûr, sur un plan technique, il sera difficile de garder un souvenir mémorable de ce match, disputé sur une pelouse gelée et franchement limite pour y jouer un match de foot. « Ce n'étaient pas les meilleures conditions », a euphémisé Daniel Sanchez, rejoint par Patrice Carteron, son homologue, qui a évoqué une pelouse « injouable d'un côté ».
Seulement, les délégués de la Ligue et le trio arbitral avaient jugé le match jouable. Et c'est l'équipe qui a su le mieux s'adapter à ces conditions délicates qui a emporté le morceau. Solidement installé sur un 4-3-3 robuste, avec Camara et Cohade excellents au coeur du jeu, VA a parfaitement mené sa barque sur un lac gelé, quand Dijon manquait d'agressivité pour riposter.
Et, il faut être honnête, le scénario de la rencontre a parfaitement escorté les bonnes intentions valenciennoises : sur une perte d'appuis d'un défenseur dijonnais, Cohade a profité d'une brèche plein axe pour mettre son équipe très tôt à l'abri (0-1, 3e). Dans ce match disputé dans un frigo, se mettre au chaud rapidement, en capacité de défendre son avantage, était la meilleure idée possible. Et enfoncer le clou par Danic, de la tête avant la mi-temps (0-2, 42e), une autre manière d'éloigner le danger.
Parce qu'il a joué simple et avec la tête levée, VA n'a jamais vraiment tremblé, malgré les conditions difficiles. « J'ai bien aimé notre maîtrise technique au milieu, on a su jouer propre et sobre », a noté Sanchez. Au contraire, Dijon a manqué d'idées, de justesse et de percussion pour venir inquiéter son adversaire. Hormis un gros cafouillage devant Penneteau (18e) et une frappe manquée de Jovial sur un bon service de Varrault (64e), le public n'eut pas grand-chose à se mettre sous la dent. Et ce n'est pas le but de Thil, de la tête dans les arrêts de jeu (1-2, 90 e + 2), qui l'a réchauffé.
VA s'est assis sur son avantage et l'a géré au poil. « Je leur ai demandé à la pause de défendre intelligemment, sans prendre le moindre risque, explique Sanchez. Je leur ai dit que, sur une telle pelouse, il fallait être dans l'anticipation et pas dans la réaction, pour éviter les interventions limites. » Ce que Valenciennes a parfaitement réalisé.
Une semaine après avoir courbé l'échine, VA n'a pas gommé l'ardoise mais il l'a sérieusement adoucie. « Les points perdus devant Ajaccio, un concurrent direct, on ne les retrouvera jamais », souligne Sanchez à juste titre. Visiblement soulagé et heureux de voir poindre de nouveaux horizons.























