Danic - Debuchy, deux amis autour d'une coupe
mercredi 08.02.2012, 05:36 - La Voix des Sports
Gaël Danic et Mathieu Debuchy ont échangé les maillots: les deux amis, qui se frottent parfois les chevilles sur le terrain, viventcôte à côte et sont très complices dans la vie, partageant le même goût pour l
| FOOTBALL COUPE DE FRANCE : VALENCIENNES - LILLE (huitième de finale) |
- Depuis quand êtes-vous amis ?
- Gaël Danic : « On se connaissait un peu à force de jouer l'un contre l'autre. Mais c'est surtout à l'école des enfants (1), il y a un peu plus de deux ans, que nous sommes vraiment devenus amis. Je me souviens que je suis allé voir Mathieu pour présenter mes excuses alors que je lui avais donné un coup de coude en match peu de temps auparavant. Tu ne m'en veux plus, hein, Mathieu ? »
- Mathieu Debuchy : « Non, bien sûr que non. Je ne m'en souvenais même plus... (rires) Avec Gaël, tout est naturel. On se voit à l'école tous les jours et on se fait un resto toutes les deux semaines à peu près. Avec les épouses, sans les enfants. On a fêté le Nouvel An ensemble l'été, c'est barbecue... »
> Beaucoup plus qu'une simple relation de voisinage donc ?
- GD : « Complètement. On a fêté le titre de champion et la Coupe de France chez Mathieu. Il y avait l'équipe des bourrés contre celle des torses nus ! Mais après, le salaud n'a pas voulu fêter le maintien avec moi... »
- MD : « Nous nous recevons souvent les uns chez les autres. D'ailleurs, à ce sujet, il y a des promesses qui n'ont pas été tenues. J'attends toujours que tu me fasses des crêpes, Gaël le Breton... »
- GD : « C'est vrai. Quand j'aurai ma maison (actuellement en construction). Et toi, tu m'as promis de faire découvrir une spécialité nordiste. »
- MD : « OK. Le potjevleesch. »
- GD : « Le quoi ? »
- MD : « Tu verras. C'est bon. Nous pensons également aux vacances. Là, nos femmes partent ensemble avec les enfants. »
> Cet été, les vacances, ce sera en Bretagne chez Gaël ?
- MD : « Quand même pas... »
- GD : « Pfff, quand il y sera, il ne voudra plus rentrer... »
> Parlez-vous foot ensemble ?
- GD : « Il n'y a pas de règles, mais pas trop. Un peu des transferts. On s'envoie des textos pour se souhaiter un bon match. Je lui dis de mettre la pression quand il joue un petit. Ce qu'il n'a pas fait contre Nice avant Noël (4-4) alors que, nous, nous leur avions rendu service en battant Lyon (1-0). Voilà, certains assument, d'autres non... »
- MD : « Là, on a parlé de l'arrivée de Nolan (Roux). On commente un peu les résultats, pas vraiment le contenu, on n'est pas entraîneurs. Et puis, le lendemain des matchs, moi je débranche. »
- GD : « C'est parce qu'il est serré à la maison... »
- MD : « (Rires) Non, sincèrement, à la maison, je coupe. Mon fils regarde plus le foot que moi. Je suis Valenciennes parce qu'il y a Gaël. Les affiches de Ligue des champions. Et c'est à peu près tout. »
- GD : « Moi, j'aime suivre les équipes où je connais du monde. Lille bien sûr. Et les clubs bretons. »
> Aimez-vous être face à face sur le terrain ?
- GD : « Moi, je n'aime pas. Surtout sur les aspects défensifs. je ne dis pas un mot. C'est compliqué quand tu connais la personne et qu'il faut mettre le pied... Enfin, moi je demande pardon, au moins... En championnat, il m'a écrasé le pied et j'attends toujours ses excuses. »
- MD : « (Rires) Moi, ça ne me gêne pas trop. Je fais abstraction, comme d'habitude. »
- GD : « Bon, comme je disais tout à l'heure, je lui ai aussi mis un coup de coude. C'était un duel devant le banc de Kombouaré, je ne pouvais pas faire autrement... »
> Avez-vous le souvenir d'un match où l'autre a pris le dessus ?
- MD : « En amical, cet été, il m'a mis un petit pont... »
- GD : « Oui, mais un petit pont, ça ne rapporte pas de point... À l'aller, au Stade du Hainaut, je pense qu'il a pris le dessus parce que j'ai passé mon match à défendre. » - MD : « Je me souviens que tu as marqué à Nungesser (le 26 février 2009, victoire de VA 2-0). »
- GD : « Ça ne veut pas vraiment dire prendre le dessus. Contre Mathieu, j'ai beaucoup de mal. »
> Comment voyez-vous le niveau et les qualités de l'autre ?
- GD : « Mathieu est un arrière moderne. Il défend, il déborde. Contre lui, il faut toujours être à fond. Il défend très fort et il centre comme un attaquant... C'est simple, il n'y a pas meilleur que lui en France. Ça fait déjà bien longtemps qu'il devrait être chez les Bleus. »
- MD : « Gaël fait partie des très bons joueurs de L1 et c'est l'un des meilleurs ailiers, j'en sais quelque chose. Il est bon techniquement, rapide, se déplace bien, met des galettes... Je pense sincèrement qu'il aurait pu faire autre chose. »
- GD : « Pourquoi, ma carrière est finie ? »
- MD : « Mais non, ce n'est pas ce que je veux dire. Valenciennes c'est très bien, mais je pense que Gaël aurait aussi pu évoluer dans un club qui joue les premiers rôles. Mais bon, après tu plais, ou pas... »
- GD : « On a des étiquettes. Par exemple, quand Montanier est arrivé, il m'a dit qu'on lui avait rapporté que j'étais ingérable. Je suis ingérable, Mathieu ? »
- MD : « Non. Mais on ne fait jamais l'unanimité. »
> Revenons à l'équipe de France. Gaël, Mathieu sera-t-il à l'Euro ?
- GD : « J'espère bien ! Si lui n'y est pas... En fait, je lui souhaite de ne pas être à mon mariage en juin, ça voudra dire qu'il y est. C'est la première fois que je lance une invitation en espérant que la personne ne viendra pas... »
> Danic est donc le premier supporteur de Debuchy en bleu ?
- GD : « Oui, quand la liste tombe, je regarde toujours s'il y est. Après... À sa première sélection, il avait oublié de m'inviter, alors j'ai fait ma petite crise de jalousie. »
- MD : « (Rires) Mais si tu as envie, tu demandes ! Je me suis bien rattrapé, non ? »
- GD : « C'est vrai. Je suis allé le voir contre la Belgique. Et c'était même la première fois que j'allais au Stade de France, en tant que spectateur ou en tant que joueur. »
> Aimeriez-vous être équipiers ?
- MD : « Oui, forcément. Mais dans notre métier, c'est compliqué, il y a tellement de paramètres. Enfin, j'essaie de le placer à Lille. Je travaille le dossier... »
- GD : « Oui, enfin, il dit ça, mais il n'a aucun poids. Moi si je dis Debuchy à Valenciennes, ils vont m'écouter (rires) . Plus sérieusement, Mathieu est dans un très grand club français. Il ne trouvera pas mieux en L1. Pour lui, ce sera l'étranger, la Premier League. »
> Gaël, Lille champion, c'est encore possible ?
- GD : « Bien sûr que c'est jouable. Ils ont l'équipe pour. Et ils vont recevoir Paris. »
> Mathieu, pour VA ?
- MD : « Il faut être sincère, il y a du danger. Mais je suis presque sûr qu'ils vont se maintenir. Cette équipe a trop de qualités. »
> Et cette Coupe alors, elle ne vous intéresse pas ? VA veut le maintien, le LOSC la Ligue des champions ?
- MD : « Non. On a vécu des moments magnifiques avec la Coupe. Mais bon, c'est très long, plein de pièges, on l'a vu à Compiègne. Sur un match, tout peut arriver. On avait eu du mal à l'aller en L1. Valenciennes, c'est difficile à comprendre, mais sur son terrain, cette équipe a une motivation décuplée. »
- GD : « Le maintien est la priorité, mais on reçoit. Et on doit une revanche à notre public. On sait juste qu'il faudra être plus fort. Et que contre Lille, c'est dur. »
1. Debuchy, 26 ans, est père de trois enfants de six, cinq et un an et demi. Danic, 30 ans, a deux enfants de quatre ans et demi et quatorze mois.






















