Nicolas Isimat : « Les anciens me conseillent de crier plus fort »
samedi 11.02.2012, 05:37 - PAR RICHARD GOTTE
L'entraîneur a une grande confiance en son jeune défenseur, qui ne commet que très peu d'erreurs. - PHOTO BRUNO FAVA
| VALENCIENNES - NANCY |
Son ascension n'est pas terminée. À 20 ans et pour sa première saison en L1, Nicolas Isimat, international espoir et valeur sûre de la défense de VA, impressionne à chaque sortie. Face à Lille mercredi, il resta calme et fut d'une efficacité stupéfiante sous la pression. Ses performances lui donnent déjà un rang de leader.
> Épanoui. Le jeune homme timide appelé chez les pros la saison dernière par Philippe Montanier a vécu. Désormais titulaire indiscutable, porté par ses équipiers qui lui accordent une grande confiance, le défenseur est sorti de sa réserve pour prendre toute sa place à l'intérieur d'un groupe où il porte la joie et l'insouciance de ses 20 ans. Face à la presse, il affiche également une aisance appréciable, n'hésitant plus à plaisanter et à rire tout en gardant le fil d'un discours modeste et intelligent.
> « Taulier ». Revenu après deux matchs de suspension, il a largement contribué à sécuriser la défense pour les deux victoires de suite contre Dijon et Lille avec deux équipiers différents dans l'axe (Gil et Rafael). « Nicolas est jeune et a un gabarit léger.
Il peut enchaîner les matchs », dit de lui Daniel Sanchez, qui l'alignera les yeux fermés ce soir. Outre la fiabilité physique, l'entraîneur a surtout une grande confiance en son jeune défenseur qui ne commet que très peu d'erreurs, prend souvent le dessus de la tête, et fait preuve d'une concentration digne d'un vieux briscard. « Je dois encore progresser dans la communication sur le terrain », explique-t-il. Et assumer plus de responsabilités, houspiller les anciens ? « Oui, ça aussi. Ce sont les anciens qui me conseillent de crier plus fort, pour replacer, etc. Je le fais. Avec du respect bien sûr... »
> Humble. Regardé par toute la L1, de Marseille à Lille, mais aussi à l'étranger - et pas dans des clubs de patronage -, Isimat vit tranquillement sa notoriété galopante. « Je ne fais pas trop attention à tout ça. Ce sont mes équipiers et ma famille qui me parlent surtout de ce qui se dit dans les journaux. » L'immense sourire qui illumine son visage prouve que les flatteries le touchent quand même. Mais pas question pour lui d'aller plus loin. « Moi, je suis concentré sur le terrain. J'ai encore des choses à prouver et un club à faire gagner. »
> Lille, un exploit. « C'est quand même un exploit d'avoir sorti Lille, souligne-t-il. On avait à coeur de faire un gros truc. En première période, on n'a pas trop fait ce qu'on voulait. Mais bon, on a réussi à fatiguer Lille alors que le coach avait fait un turnover. » Performant, il confie avoir dû s'accrocher : « Avec Lille, le plus dangereux, ce n'est pas celui qui a le ballon... » Et son match dans le match avec Nolan Roux ? « J'ai joué mon premier match en L1 contre lui à Brest (1-0, 26 septembre 2010). Il a beaucoup progressé, il donne des coups, ouh là, j'avais mal aux yeux parfois... (rires). » Heureux d'être en quart de finale de la Coupe, il reconnaît vivre un rêve, mais veille pas à ne pas s'emballer. « Ça ne sert à rien de brailler, de dire qu'on va gagner. Nous irons étape par étape. »
> Nancy, un tournant. « Pour battre Nancy, il faudra rééditer exploit », juge-t-il, conscient que la pression, qui était absente mercredi, est de retour. « C'est un gros tournant. On peut se donner de l'air. Il ne faut surtout pas perdre. Il faudra être rigoureux, bien défendre et bien se projeter vers l'avant tous ensemble. » Son coach n'aurait pas dit mieux.























