La Voix des Sports - 07/05/2007 |
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Même s’il se satisfait pleinement d’une retraite sportive depuis plus de vingt ans, Bernard Hinault dispense toujours des avis qui comptent forcément dans le milieu.
Cinq Tours de France, trois Tours d’Italie, deux Tours d’Espagne, un championnat du monde, deux Liège-Bastogne-Liège, un Paris-Roubaix, une Flèche wallonne et même une édition des « Quatre jours » (1984) : le Breton reste la grande référence mondiale du cyclisme tricolore dont la voix porte autant que celle d’un Aimé Jacquet dans une autre discipline. Dans des propos souvent plus fleuris… Quand Hinault parle, on l’écoute. « Vous pouvez mettre toutes les difficultés que vous voulez, Dunkerque dégage l’essence même de ce qui fabrique l’image des courses du Nord : le vent et le placement. Il faut de la vigilance et ne pas se laisser piéger bêtement par la combinaison du parcours et de la météo. C’est une épreuve d’opportunistes ! Une bataille de secondes qui se joue dans les sprints ou dans les monts. »
L’an passé, Roberto Petito (Tenax) et Stéphane Pétilleau (Jean Floc’h) n’avaient pas manqué de flair en profitant des deux secteurs pavés (Haveluy, Quérénaing) pour figer les deux premières places du classement général final dès la deuxième étape (la plus longue avec 203,4 km), qui conduisait le peloton d’Arques au Câteau-Cambrésis.
Si les organisateurs ont provisoirement abandonné les chemins de Paris-Roubaix, ils ont ressorti deux épices de leurs cartons : le chrono (abandonné en 2005 et 2006) et la grande étape de Cassel, qui précédera l’arrivée traditionnellement jugée devant la place Jean-Bart.
En récupérant tardivement un sixième jour de course supprimé par l’UCI en 2002, l’équipe de Jean Bodart a opté raisonnablement pour la solution pratique en plaçant ce contre-la-montre individuel (9 km) dès l’ouverture des débats dans les rues de Dunkerque. « Une grande fête populaire qui coïncide avec un jour férié », s’exclame le responsable du parcours, Joël Huysman.
Ce qui n’est pourtant pas sans provoquer quelques inquiétudes parmi les directeurs sportifs : « Les écarts pourraient amener les grosses équipes à bloquer la course jusqu’à Cassel », relève Frédéric Delcambre (Roubaix-Lille-Métropole).
Dix ans après sa disparition, ce « géant des Flandres », point culminant de la région, s’imposera comme le juge de ces « Quatre Jours ». Depuis qu’il s’est mis en tête de succéder à son père Alain, lauréat de l’épreuve en 1969, Cédric Vasseur s’est approprié la reconnaissance du circuit (17,4 km à parcourir sept fois) qui servira de terrain aux grandes offensives du peloton.
Conforté par sa sortie dans Liège-Bastogne-Liège (en tête à 20 km de l’arrivée), le Nordiste a fixé le grand rendez-vous de sa dernière (?) saison professionnelle de la même manière qu’il avait négocié le championnat de France organisé à Boulogne (2005). La rage, qui avait alors trahi sa lucidité dans la course au maillot tricolore, un an après les remous de l’affaire Cofidis, s’est cette fois transformée en froide détermination. Vasseur compte sur l’appui d’un groupe talentueux, mais marqué par son échec dans les classiques. Suffisant pour triompher en rose, dimanche à Dunkerque ?














