La Voix des Sports - 07/05/2007 |
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Et dire que la télévision boudera l’événement en direct ! Samedi, l’un des plus hauts lieux de la course fera sa réapparition après dix années d’abstinence. Cassel, c’est l’âme des « Quatre Jours ». Un mythe qui avait réussi à attirer 60 000 spectateurs sur ses flancs par une chaude journée de 1993. Décryptage d’un géant en compagnie de quatre champions qui ont aussi marqué l’épreuve de leur empreinte.
Jean-Luc Vandenbroucke : « C’est le point de passage obligé ! L’étape reine et la plus intéressante sur le plan sportif.
J’ai toujours eu la chance de rouler pour des équipes qui avaient un intérêt particulier à remporter les Quatre Jours. Que ce soit avec De Muer (Peugeot) ou sous le maillot de La Redoute. En 1980, je gagne l’épreuve en sortant dans l’avant-dernier tour à Cassel. C’est l’endroit qui fait invariablement la différence lorsqu’il figure sur le tracé. C’est aussi une course qui impose une grande finesse tactique, même s’il faut toujours rester devant. Et puis, il y a ce monde. C’est l’Alpe d’Huez du Nord-Pas-de-Calais. »
Laurent Jalabert : « Cassel, c’est synonyme d’un échec personnel. En 1991, je suis en bagarre avec Museeuw dès la première étape. Le samedi, je reprends le maillot rose pour une seconde, à l’issue du chrono tracé autour du mont. Mais Mottet l’a endossé dans l’après-midi après un joli coup tactique. Il avait envoyé Virenque et Madiot à l’avant. Il a fallu chasser, puis je me suis retrouvé seul face à lui. J’ai perdu pour 14 secondes.
Ici, la course est toujours nerveuse, mais les écarts ne sont jamais énormes. Tu ne peux pas faire de faute, ni t’amuser à laisser filer un coup. A l’époque, je n’avais que 22 ans. Mais j’ai compris que le moindre flottement pouvait coûter très cher. »
Bernard Hinault : « Ça monte, ça descend et il y a des pavés. Un endroit parmi d’autres sur les Quatre Jours, mais qui concentre tout ce qu’on trouve sur l’ensemble de l’épreuve. C’est presque une classique : il faut faire preuve d’attention dans le placement et dans la gestion du vent. C’est une étape d’opportunistes ! Il ne faut pas se faire piéger et étudier le parcours auparavant. Je serais curieux de voir ce que pourrait donner la combinaison d’une étape à Cassel et d’une autre dans les monts du Boulonnais. Cette expérience n’a jamais été tentée. Elle durcirait la course et désorienterait pas mal de monde dans le peloton. On peut encore surprendre ! »
Marc Madiot : « Cassel, c’est la course de vélo par excellence : une butte, un clocher, des pavés, des gens attablés avec une bière à la main et des coureurs qui tournent sur le circuit. Je crois que c’est d’abord une épreuve très difficile pour celui qui porte le maillot rose ce jour-là. Son équipe est particulièrement mise à contribution. Pour tenir, il vaut mieux être bien entouré. »














