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La Voix des Sports - 14/05/2007
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Éprouvante, exigeante, indécise, renversante…
La course

 Dernière victoire de Cavendish et dernière averse en guise d’au revoir… Dans le marasme et les affaires qui secouent une nouvelle fois le cyclisme, les Quatre Jours ont su préserver leur caractère populaire et festif qui apporte une indispensable et salutaire bouffée d’oxygène.


De ce stade à ciel ouvert, improvisé dans la montée de Cassel, à cette haie d’honneur patiente et passionnée sous le déluge de Dunkerque, en passant par l’accueil mémorable de la municipalité steenvoordoise réservé à l’ensemble de la course, la discipline trouvera sans doute des raisons de garder la tête haute et de croire en des jours plus favorables.


On se souviendra de cette 53e édition innovante dans son passage autour de Montreuil-sur-Mer, éprouvante, exigeante, indécise à l’extrême (cinq dixièmes de seconde séparaient les deux premiers avant le retour vers Dunkerque, malgré un chrono, Cassel et des bordures à la pelle) et surprenante par ses renversements de situation quotidiens jusqu’à l’ultime cérémonie protocolaire.


Hier soir, tandis qu’on s’affairait à la remise des maillots distinctifs, le Belge Dominique Cornu, champion du monde du contre-la-montre et vice-champion du monde sur route (espoirs), dépossédé de son maillot rose par Mathieu Ladagnous, accusait une pénalité de dix secondes pour une rétro-poussette dans le dernier sprint de bonifications. Il rétrogradait de la deuxième à la troisième place du classement final. Pour le plus grand profit de Laurent Lefèvre.


Les conditions climatiques, marquées par le vent fort et ponctuellement par la tempête, ont évidemment accentué la pénibilité de l’épreuve. Mais il faut aussi des hommes pour faire la course ! Et en dépit de quelques réactions épidermiques et exagérées à l’arrivée du peloton pointé à 34’16’’ de Steegmans, vendredi à Arras, on n’a pas été déçu !


Contrairement à 2006 (Roberto Petito était âgé de 35 ans), le verdict a, cette fois, consacré la jeunesse. Ladagnous (22 ans) ne compte que deux années de carrière au plus haut niveau. Le Palois, passé de l’école de Dominique Arnaud (l’ancien lieutenant de Miguel Indurain) à celle de Marc Madiot chez les pros, a sans doute gagné de précieux mois d’apprentissage dans sa progression.


Cornu (21 ans et 3e à 13’’) a laissé percevoir les gènes de cette race inépuisable des grands routiers « flahutes ». Il n’entend pas s’arrêter là : « Je veux être un coureur complet », déclarait-il samedi à l’arrivée de Cassel. Dans son pays, on dit même qu’il accrochera un jour une classique du calibre de Liège-Bastogne-Liège.
Reste enfin l’Anglais Mark Cavendish (21 ans) qu’on a apprécié par ses sauts de puce entre les roues des sprinteurs pour les coiffer à deux reprises (Caudry et Dunkerque). C’est actuellement l’homme le plus habile et le plus souple dans cet exercice si particulier.

Frédéric RETSIN
Photo Patrick DELECROIX

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