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La Voix des Sports - 14/05/2007
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Laurent Lefèvre dans la joie et la bonne humeur
Podium

 Laurent Lefèvre, sans faire de bruit, est monté sur le podium et a échoué à quelques secondes de la victoire. S’il y en a un dans le peloton qui ne doit pas connaître le stress, c’est bien Laurent Lefèvre. Ou alors il est vraiment un comédien surdoué. Qu’il fasse troisième comme ce fut le cas avant la décision des commissaires de pénaliser Cornu pour rétro-poussette, ou bien deuxième comme il apparaît sur les tablettes officielles, le Nordiste se bidonne toujours autant. Il est content et fataliste. « Deuxième ou troisième c’est pareil. Il n’y a que la victoire qui est importante. »

On peut d’ailleurs se demander ce qui lui a manqué pour escalader la plus haute marche du podium ? « Pas grand-chose. C’est à Cassel que tout aurait pu basculer. Mais il était prévu que Fedrigo remporte l’étape. Ce qui, d’ailleurs, a raté de justesse là aussi. Mais quand il a été repris il m’appartenait de contrer. Or j’étais “sec” à ce moment là. C’est la course, il ne faut pas dramatiser. J’ai beaucoup moins couru cette saison que les années précédentes et mes sensations ne se sont améliorées que depuis la Flèche wallonne et Liège. Quand je suis arrivé ici, je n’attendais rien de ce rendez-vous. Mais je ne pouvais pas être “tocard” devant mes supporteurs et mes proches. Ce soir ils doivent boire du petit lait. »

Connaissant cette bande de joyeux drilles c’est plutôt le champagne qui va couler. Il faut dire que les occasions de fêter les grosses performances de Laurent sont devenues assez rares. Il n’a plus rien gagné depuis sa victoire d’étape au Dauphiné en 2003, ce qui est quand même assez invraisemblable quand on mesure la classe du bonhomme.


Pourtant à trente et un ans et onze saisons de professionnalisme dans les jambes, il dit encore avoir des ambitions et il nourrit celle de faire mouche au championnat de France. Ne serait-ce que pour garnir la chambre de son petit Noé, qui a vu le jour il y a sept mois à Pibrac, petite localité proche de Toulouse où le gars de Maroilles réside désormais. Mais si sa vie est désormais en Haute-Garonne, son coeur est toujours celui d’un vrai « ch’ti » aimant la fête et les amis.

Roger DEMEURE
Photo Patrick DELECROIX

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