La Voix des Sports - 14/05/2007 |
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Samedi soir à Cassel, il fallut attendre plus de cinq minutes avant que Steven Tronet puisse dire le moindre mot. Il était rincé et ne parvenait pas à retenir ses larmes. Jamais il n’avait autant souffert sur un vélo et il craquait en revivant les milliers d’acclamations qui avaient salué son formidable dernier tour.
À ce moment le peloton de chasse dans lequel il était avait baissé les bras. Mais lui avec un acharnement considérable forçant l’admiration a conservé la même intensité dans l’effort. Ce qui lui a permis de faire ce joli numéro sur les pentes du géant des Flandres. Il terminait dix-septième de l’étape après avoir bouclé l’ultime tour du circuit plus rapidement que le groupe de tête et apparaissait en dixième position au général, une place qu’il a conservée à Dunkerque. On notera également qu’il est en quatrième position parmi les jeunes.
« Je le dois à Cyrille Guimard »
Que de chemin parcouru pour ce Calaisien de vingt ans qui, pour sa première année professionnelle, se classe dans le Top 10 d’une course répertoriée hors-catégorie, lui, le modeste représentant de la plus petite équipe continentale face aux grosses écuries du Pro Tour. « Je le dois à Cyrille Guimard qui ne cesse de me perfectionner depuis trois ans que je suis à Roubaix. » Si l’ancien mentor de Bernard Hinault lui apprend le métier, il importe de souligner que l’élève est aussi doué qu’attentif et rigoureux. Il est plutôt du genre à ajouter des heures supplémentaires à ses plans d’entraînement que de se planquer dans le canapé dans son salon. « Depuis mon plus jeune âge, je rêve d’être coureur professionnel. J’ai pris la décision d’interrompre mes études pour faire carrière et je veux réussir. » Le propos traduit la détermination du Calaisien au visage d’angelot qui cache toutefois une volonté farouche et un mental en béton. Tout pour faire un grand coureur.














