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La Voix des Sports - 14/05/2007
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Ladagnous : « Il a fallu jouer au plus fin… »
Le vainqueur

 Samedi, Mathieu Ladagnous avait déjà su s’arracher pour s’imposer à Cassel. Il était peut-être écrit que Mathieu Ladagnous ne pouvait pas rater ces Quatre Jours. Partenaire de Tom Thiblier – qui a rejoint le club dunkerquois cette année – dans la conquête du titre mondial de l’américaine (en 2004 à Melbourne), le lauréat de cette 53e édition pouvait y voir un signe. Comme Museeuw (1995) et Gaumont (1996), le Palois a donc joué avec les bonifications pour combler les 5 dixièmes de secondes de retard sur Dominique Cornu au départ de Steenvoorde. À 22 ans, il signe le plus beau succès de sa carrière sur route dans la foulée de celui obtenu samedi, à Cassel.


– Mathieu, comment gère-t-on l’étape la plus serrée de toute l’histoire de l’épreuve ?
« Samedi soir, on n’a pas trop discuté de la course. C’était difficile. On a parfois moins de mal à récupérer 15 secondes. Il a fallu jouer finement pour ne pas s’épuiser pendant toute la journée. Nous avions d’abord misé sur la première bonification (à Boeschepe) mais nous avons vite compris qu’il serait difficile de maîtriser tout le monde derrière le groupe Vasseur. Marc Madiot nous a toujours rassurés. On se doutait bien que les sprinteurs finiraient par mettre en route. Nous avons donc rabattu nos ambitions sur le 2e sprint intermédiaire (sur la digue). C’était le bon plan. »

– Comment avez-vous vécu ce moment clé de la course ?
« J’étais plus rapide et plus adroit que Cornu (1,96 m) qui se sent moins à l’aise sous la pluie. Mes équipiers ont réalisé un travail fantastique pour m’emmener dans les meilleures conditions. J’ai bien vu deux Lotto qui me débordaient mais leur leader était encore derrière moi.
Sur la dernière "bonif", nous avons anticipé. J’ai lancé le sprint d’assez loin. Franchement, je pense qu’on ne pouvait pas faire mieux. »



– Pensiez-vous réaliser d’aussi bons Quatre Jours ?
« Au départ, j’étais plutôt venu pour préparer le Tour de Catalogne (du 21 au 27) et le Dauphiné-Libéré (du 10 au 17  juin). Le chrono ne me faisait pas peur. J’ai pris la 9e place de celui programmé au Circuit de la Sarthe (4e du général). J’étais dans le coup à Dunkerque (31e) même si je pointais à 45’’ de Wiggins. Avec le vent et les bordures qu’on nous promettait sur toutes les étapes, c’était beaucoup et peu à la fois. »



– C’est la plus belle victoire de votre carrière ?
« C’est certain ! Les Quatre Jours, ça compte sur un palmarès. Je trouvais déjà très beau de gagner à Cassel où Marc Madiot (son directeur sportif) s’était imposé en 1992. Pour lui, c’était très important. »



– Vous êtes issu de l’école de la piste. Continuerez-vous à mêler les deux disciplines ?
« J’espère aller jusqu’aux Jeux olympiques de Pékin. Même si j’ai déjà obtenu un titre mondial, les Jeux restent inoubliables. J’avais eu la chance de participer à ceux d’Athènes en remplacement de Saïd Haddou qui venait de se fracturer la clavicule quelques jours seulement avant le début (abandon dans l’américaine et 7e place de la poursuite par équipes). À 19 ans, j’en avais pris plein les yeux. »



– Et le Tour de France ?
« Je ne sais pas encore. Je ne suis pas un pur sprinteur comme l’était Bernhard Eisel. Je vais d’abord tenter d’obtenir ma sélection dans le Tour de Catalogne, au Dauphiné-Libéré et au championnat de France (le 1er juillet à Aurillac) même si le parcours ne m’avantage pas. »

Propos recueillis par Frédéric RETSIN
Photo Patrick DELECROIX

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