La Voix du Nord - 22/09/2006 |
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Au tirage au sort de l’Euroligue, à Athènes, Vincent Collet s’est senti tout petit. « Au moins, on ne m’a pas pris pour un journaliste... Mais on n’est pas respectés. En Euroligue, on est en bas. » Le Mans est un beau champion mais son entraîneur le sait, les clubs français ne pèsent pas sur le terrain européen.sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS AFP ET MAX ROSEREAU
La dernière fois qu’un club français a participé à un Final Four masculin, c’était... en 1997 (Villeurbanne). Depuis, même sortir des poules et accéder au Top 16 paraît le bout du monde.
Depuis dix ans, le championnat français stagne et a pris du retard, distancé par l’Espagne et l’Italie, rattrapé par l’Allemagne, concurrencé par la Ligue adriatique, menacé par Grecs et Turcs... Le projet de nouvelle Ligue – programmée pour 2008-2009 – vise à le sortir de l’ornière. La saison qui commence demain est une étape importante. Elle vise d’abord à réduire la Pro A de 18 à 16 clubs afin d’homogénéiser l’élite dans un contexte européen qui tend à uniformiser les tailles des ligues et unifier les modèles de championnats nationaux.
Dans le livre blanc publié à l’été 2004 sur lequel la Ligue (LNB) s’appuie, le diagnostic d’Ineum Consulting est sans concessions : « Au cours des années 90, le poids économique et sportif des clubs de basket professionnels masculins a progressivement décliné sur la scène européenne. Après une décennie d’excellents résultats, ils peinent à s’imposer au plus haut niveau et à retenir les meilleurs joueurs sur un marché devenu plus fluide depuis les arrêts Bosman et Malaja (extension de Bosman). » Après un vaste chantier de quinze ans pour ne plus vivre dans l’ombre du football, le basket espagnol est devenu championnat de référence. Outre une fiscalité avantageuse, les recettes moyennes de ses clubs atteignent 5,5 ME, deux de plus qu’en France... « L’Espagne est au-dessus , confirme Vincent Collet. Quand les équipes d’Euroligue, pourtant monstrueuses, vont chez le dernier, elles sont en danger. Nous, jusqu’à il y a cinq ans, on savait que Villeurbanne et Pau seraient 1er ou 2e. Depuis, le championnat s’est densifié, il sera à nouveau serré cette saison. Mais il y a encore une cassure au-delà de la 12e place. »
« Black-blanc-beur »
Pour changer la donne, la LNB préconise une modernisation des structures. Elle souhaitait imposer des critères économiques, un statut de société commerciale, un budget de 3 M€ et des salles d’au moins 4 000 places.
Le décret Lamour du 15 février a modifié ses plans, interdisant la contrainte. René Le Goff ne renonce pas pour autant. La voie empruntée sera juste un peu détournée. « Notre démarche, explique le président de la Ligue, est de montrer comment chaque club se positionne par rapport au challenge européen. Chacun va pouvoir mesurer l’écart qui le sépare d’un club européen... Les critères économiques qu’on ne peut imposer en France le seront par l’Europe. Les clubs y ont intérêt. Même 3 M€ et 5 000 places, les clubs européens sont largement au-dessus ! Il faudrait 5 M€.
Il faut être réaliste, il faudra 6 à 8 ans pour rattraper le retard mais c’est possible. » Le patron du basket pro français croit au développement via des salles plus vastes (capacité de 7 000 places en Espagne, 4 350 en Pro A) mais aussi par l’image, qu’il incite les clubs à produire.
L’aspect structurel est toutefois indissociable du sportif. « Il faut que le basket continue à grandir, convient Vincent Collet.
On est la dernière roue du carrosse sur le marché. Au Mans, pour faire revenir Nicevic, on a fait un gros effort. On était très loin de ce qu’on lui a proposé ailleurs mais on a bénéficié du fait qu’il avait déjà passé deux ans chez nous. On n’aura jamais autant d’argent mais il faut jouer sur les deux tableaux. C’est par les résultats qu’on progressera. » Avec des staffs étoffés (deux assistants ?) et la formation en tête de pont : « Elle est largement supérieure. Il faut la valoriser. Notre vivier "black-blanc-beur" a des qualités athlétiques incomparables. Notre credo est là. » Les jeunes, la clé du succès du Mans. En France. Un jour en Europe ? Si la NBA, aux scouts omniprésents, ne les détourne pas trop tôt...













