La Voix du Nord - 28/09/2007 |
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Pro A : la reprise d’un championnat qui tourne en rond
Ouverte à tous les vents et plus homogène, la Pro A est devenue un feuilleton à suspense dont la nouvelle saison commence ce soir. Cependant, le niveau et l’attractivité du championnat se diluent en Europe. Et ce n’est pas l’échec des Bleus à l’Euro
PAR SANDRINE ARRESTIER sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS PIERRE VOLOT
La Ligue nationale de basket (LNB) fête ses 20 ans cette année, celle de rugby atteindra juste la moitié en 2008. Pourtant, quel fossé. Sport régional à la base, le ballon ovale séduit tous azimuts alors que le basket, vice-champion olympique à Sydney en 2000, tourne en rond, relégué au rang de troisième sport collectif en France.
En Pro A, le budget moyen plafonne à 3,8 M€ (avec des situations toutefois assainies). Partis de plus bas, ceux du Top 14 flirtent avec les 10 M€…
L’élite française n’attire plus, privée, à de rares exceptions, de stars et de grands joueurs confirmés. « On a accès aux joueurs de troisième catégorie, c’est de plus en plus difficile de recruter », résume Sarre.
Loin derrière l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Turquie, les
grands clubs russes, israéliens, voire polonais ou ukrainiens, les
clubs français en sont réduits à faire avec des trouvailles et tenter
des paris. Parfois, ça paye. Roanne a été sacré champion en juin,
avec le 14 e budget et un quasi inconnu, Spencer, devenu
MVP. Et depuis parti à Bologne.
Cela donne en tout cas un championnat incapable de nourrir sa sélection
(4 sur 12 à l’Euro, cantonnés à un rôle mineur) et où les valeurs
établies n’ont plus cours. Désormais 3e budget et 7e
masse salariale, Pau-Orthez, cinq fois champion entre 1998
et 2004, ne fait plus peur.
Le fiasco de l’équipe de France, hors course pour les Jeux de Pékin, n’arrange rien. « Il a des conséquences immédiates sur le plan économique, admet René Le Goff, président de la Ligue. On est dans une période complexe. La Coupe du monde de rugby nous rend la vie difficile. On espérait que la réussite attendue de la France nous permette de passer cette période délicate dans des conditions plus confortables. »
Fred Sarre, lui, relativise. Et pointe justement qu’au-delà du
retentissement de la débâcle, le développement du basket est en
question : « Ça a peu d’impact. Les gens intéressés par
le basket sont souvent les mêmes. Et, économiquement, au niveau
régional, les clubs se portent plutôt bien. Le problème est que
le sport est tenu et médiatisé par la télé. » Dans ce domaine,
la fusion des bouquets satellite permet désormais une offre cohérente
et une cible élargie pour le match diffusé le vendredi soir, créneau
pas saturé. « On touche 5,5 millions de personnes au lieu
de 1,5 million, précise David Cozette, rédacteur en chef à
Sport +.
On a hâte de voir ce que ça va donner… » Reste que les droits
télé sont toujours gérés par la Fédération (1) qui refuse de les
concéder à la Ligue et ses clubs…
Un vaste chantier
« Il y a plein de choses à faire, poursuit Fred Sarre, plein
de bonnes volontés, de gens compétents mais la transformation d’un
championnat ne se fait pas d’un coup de baguette magique. L’ACB
(la réputée ligue espagnole), exemple majeur, est en développement
depuis quinze ans. Mais il ne faut pas juste mettre un peu de goudron
sur les nids de poule. Il y a une grosse réflexion à mener avec
une vraie ligne de conduite. » Le débat a bien été lancé, en
novembre 2004, avec la publication d’un livre blanc du basket,
première étape pour rattraper le retard. René Le Goff a planté le
décor d’une Super Ligue pour 2009. Les structures administratives
(14 clubs sur 16 en société) et marketing se sont améliorées, l’affluence
croît légèrement (+ 5 %). « Mais, insiste le coach
maritime, il ne faut pas les dissocier de la structuration sportive. »
L’avenir de la Pro B et la formation sont notamment dans le collimateur.
Le chantier, vaste, est ouvert. Seulement ouvert dans un sport toujours
férocement attaché à ses clochers.
1. – La Ligue touchera 1,4 M€ cette saison, 70 %
du montant annuel contrat.













