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La Voix du Nord - 11/06/2006
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FEUILLETON - Les Éperviers togolais chasseront sans leur entraîneur
Excédé par le problème de primes qui mine son équipe, l’Allemand Otto Pfister a quitté la sélection togolaise dans la nuit de vendredi à samedi pour rallier son domicile en Suisse.
Trois jours avant son entrée dans l’épreuve, le Togo s’est donc résolu à changer d’entraîneur.
À Wangen-im-Allgäu, charmante station thermale avec ses rues tranquilles et ses petites places garnies de touristes, on fait aussi dans le festival tragi-comique avec l’équipe nationale du Togo. Tout heureux d’accueillir les petits poucets africains dans leur cité, certains habitants sont un peu dépités par les problèmes qui minent la sélection togolaise. « Ça ne fait pas très sérieux, déplore Manfred, serveur dans une auberge du centre historique. On les aime bien les Togolais, on les soutient de tout notre coeur, mais on a désormais très peur qu’ils se prennent des raclées. »

« Décision irrévocable »

Depuis hier matin, le Togo a un nouvel entraîneur. À trois jours de leur premier match face à la Corée, et avant d’affronter la Suisse et la France, ce changement est un fait unique dans l’histoire de la Coupe du monde. Les joueurs togolais, tous éberlués, s’en seraient bien passés. En conflit avec leur Fédération sur le délicat sujet des primes, ils avaient refusé de s’entraîner vendredi. Très énervé par l’attitude statique de la Fédération togolaise, le coach a pris sa décision sur un coup de tête, avant de prendre la route pour son domicile suisse, situé à une heure à peine de Wangen. « Ma décision est irrévocable », a-t-il fait savoir.
C’est le dénommé Kodjo Mawuena, son ancien adjoint, qui a pris la relève. « Si Otto Pfister veut revenir, je m’effacerai, de toute façon, je n’ai rien changé, j’applique son programme », a-t-il expliqué.
La bonne ambiance qui régnait hier, à l’image de l’optimisme affiché par la star des Éperviers, Emmanuel Adebayor, ne sera, malheureusement, sans doute pas suffisante pour les sauver. Et tant que le problème des primes n’est pas résolu, le Togo n’a aucune chance de récupérer son coach, même si dans l’encadrement on est persuadés qu’Otto Pfister va revenir sur sa décision.
STÉPHANE CARPENTIER

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