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La Voix des Sports - 12/06/2006
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À quelle sauce vont désormais être mangés les Togolais ?
 À Wangen, lieu de résidence du Togo, on a accueilli l’équipe à bars ouverts. Wangen (envoyé spécial). – À la veille de son premier plongeon dans le grand bain de la Coupe du monde, la sympathique sélection togolaise s’est enlisée dans des problèmes internes qui ont miné sa fin de préparation.
Dans la cité très tranquille de Wangen-Im-Allgau, à l’extrême sud de l’Allemagne, un peu partout avaient fleuri, dans les petites rues tranquilles, des drapeaux aux couleurs des prestigieux invités : les footballeurs togolais. Installés dans un vaste hôtel en périphérie de la ville, les Togolais sont toutefois restés très discrets pendant leur séjour.
Arrivée la première en Allemagne, le 15 mai, l’équipe n’est apparue que lors des entraînements et des matchs amicaux, ainsi que lors d’une invitation officielle par les notables locaux. Ici, pas d’effervescence en boîte de nuit.

Grogne pour les primes

Dans ce cadre propice, tout semblait se passer tranquillement. Mais, en coulisses, les joueurs s’agitaient déjà depuis leur arrivée en ce qui concerne le montant et le versement de leur prime de participation au Mondial. Ils réclamaient au départ 150 000 E chacun, leur fédération n’en proposait que 30 000 E. Une jolie prime, quelle qu’elle soit, mais les joueurs arguaient le fait que la fédération allait recevoir 7  millions d’euros au total par la FIFA (la quasi-totalité de cette somme est versée après l’épreuve).
Dans ce bras de fer, les joueurs protestèrent en refusant d’aller s’entraîner samedi. La conséquence immédiate de cette grève fut la démission d’Otto Pfister, qui avait pris les rênes de l’équipe en mars.
Sur place, les dirigeants togolais mirent du temps à réaliser que leur coach allemand était bel et bien rentré à son domicile, situé à une trentaine de kilomètres. Menace ? Faux-départ ? Otto Pfister n’est finalement pas revenu sur sa décision et c’est un autre Allemand, Winfried Schäfer, surnommé le «  lion » dans son pays, en raison de son épaisse tignasse grisonnante, qui va prendre en main l’équipe.
Hier, les Togolais, qui attendaient encore leur nouvel entraîneur, se sont entraînés comme si de rien n’était sous la houlette de Kadjowi Mawuena, l’un des adjoints de Pfister. Parmi la sélection, des joueurs ont commencé à se plaindre du comportement d’autres, comme l’attaquant vedette, Emmanuel Adebayor qui a regretté « le manque d’expérience et de maturité de quelques-uns ».
« Quant aux primes, moi je me dis que si je ne gagne pas cet argent aujourd’hui, je pourrai le gagner demain », a expliqué Adebayor, qui, lui, joue à Arsenal pour un contrat très juteux. La plupart de ses équipiers ne sont pas dans le même cas. Beaucoup évoluent à des niveaux inférieurs, dans des catégories semi-professionnelles ou carrément amateurs, ce qui peut justifier leur inquiétude.
Car si le Togo a réussi à trouver un nouveau coach, le problème du montant des primes n’est toujours pas réglé, et celui de son versement encore moins.
Déjà, des joueurs sont persuadés qu’ils ne toucheront même pas un centime de leur Coupe du monde.
Demain, face à la Corée, ils promettent toutefois d’être plus motivés que jamais. On attend aussi malheureusement de voir à quelle sauce ils risquent d’être mangés.

Stéphane CARPENTIER
 Photo Didier CRASNAULT

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