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La Voix du Nord - 25/06/2006
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Les Éperviers quittent le Mondial entre fierté et regrets
Pour leur première participation à la Coupe du monde, on ne peut pas dire que les Éperviers du Togo soient passés inaperçus.
Si on prédisait le pire à cette équipe de joueurs pour la plupart inconnus, elle a pourtant surpris par la qualité de son jeu. Les Togolais, qui ont récolté trois défaites, auraient d’ailleurs mérité de repartir d’Allemagne avec un petit point, mais la chance ne fut pas suffisamment de leur côté. Mais ce n’est pas sur le plan sportif que les cendrillons africains ont le plus marqué les esprits. La délégation, qui fut la première à arriver en Allemagne, a surtout fait parler d’elle en raison d’un conflit de primes qui a opposé les joueurs à leur Fédération. Un entraîneur qui part, qu’on remplace, qui revient finalement ; des joueurs qui menacent de ne pas jouer : le Togo a alimenté tous les jours la gazette du mondial.

« Manque de discipline »

« Si je ne dois retenir qu’une chose, ce sont les matchs et l’ambiance dans les stades, expliquait le Valenciennois Thomas Dossevi, quelques minutes après la défaite contre les Bleus. Le reste, je préfère ne pas y penser. On s’est perdus dans des problèmes extra-sportifs. Avant l’épreuve, certains nous comparaient à des joueurs amateurs, mais ce n’est pas nous qui le sommes, c’est notre Fédération.
 » D’autres évoquent aussi des problèmes entre les joueurs, comme le capitaine de l’équipe, Jean-Paul Abalo. « On avait un groupe de qualité, mais il y a eu un manque de discipline, explique-t-il. Si un joueur ne respecte pas l’équipe, il faut le mettre dehors.
Lorsqu’avant d’affronter la France, certains crient haut et fort que ce match est inutile, je trouve ça scandaleux. » Malgré tous ces problèmes, on se souviendra avec sympathie de cette bande d’Éperviers qui ont apporté un peu de fraîcheur au Mondial. « C’est vrai qu’on ne nous attendait pas ici. La Coupe du monde, pour nous, c’est le sommet de l’Himalaya », souligne le milieu de terrain Yao Aziawonou.
Dommage, toutefois, que la gestion folklorique de l’équipe ait plutôt porté préjudice à l’image de l’Afrique, quatre ans avant une Coupe du monde qui aura lieu chez elle.
FIN
STÉPHANE CARPENTIER

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