La Voix du Nord - 28/06/2006 |
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Les Bleus transfigurés créent l’exploit
FRANCE - ESPAGNE - Une autre équipe de France, équilibrée, sereine et d’un réalisme admirable, ne laisse aucune chance à l’Espagne
Ils l’ont fait ! Longtemps cernés par le doute, les Bleus ont enfin réalisé le match référence dont ils avaient rêvé. Très vite pris à la gorge et repoussés sur leurs lignes, les Espagnols n’ont jamais trou- vé de parade – même s’ils avaient ouvert la marque sur penalty – face à une France du tonnerre.
Et un, et deux, et trois… La France est en quarts de finale et elle y affrontera le Brésil, samedi. Quelle soirée et quelle perspective !
Ce n’était évidemment plus un match « ordinaire » et pour plein de raisons – essentiellement émotionnelles – on avait eu tout de suite senti la dimension de l’événement, son impact, ses formidables enjeux. Et pour couronner le tout – véritable cerise sur le gâteau – les Bleus s’étaient engagés dans ce défi énorme sur les bases qui, il n’y a pas si longtemps, leur valaient encore de surfer sur une vague de forte amplitude.
Le bloc français, positionné très haut, ne présentait aucune faille. Il était compact et en apparence inexpugnable tant les relations défense-milieu-attaque étaient franches et dénuées de ces accès de fébrilité tellement préjudiciables précédemment.
Situations favorables
Pour être franc, les vingt premières minutes n’avaient été qu’un chapelet d’attitudes cohérentes, d’initiatives bien pensées, en rupture totale avec un passé récent. Du coup, l’équipe de France s’était logiquement retrouvée dans des situations favorables, la séquence la plus significative se situant au-delà du premier quart d’heure quand Ribéry et Vieira héritèrent d’un « caviar » de Henry sans être en mesure hélas de prolonger de façon rentable un magnifique enchaînement Zidane-Henry (16e). Le genre d’occasion qu’on se doit de saisir sous peine de s’exposer à de cruels désagréments.
Aussi quand Thuram, un peu trop virulent dans son attaque de balle sur Pablo en pleine surface, essuya instantanément les foudres arbitrales, les Bleus mesurèrent-ils un peu mieux la portée de leur échec antérieur. Un penalty n’est jamais neutre. Celui-là était franchement frustrant (1-0, 27e).
Mais dans cette histoire aux odeurs âcres, l’équipe de France eut la réaction qu’on attendait d’elle ; à savoir que de son jeu équilibré naquit bientôt une égalisation méritée portant la griffe d’un Ribéry cette fois puncheur (1-1, 41e).
En élevant leur niveau de jeu, en étant enfin en phase avec les exigences d’une Coupe du monde, les Bleus avaient obligé l’Espagne à développer un football qui n’était pas le sien et surtout à reculer, ce qui était nouveau et témoignait de l’emprise française à laquelle Malouda et Ribéry donnèrent d’ailleurs encore plus d’ampleur, à la reprise (détente de Casillas, 52e ; centre contré, 59e).
La France ondulait et piquait son adversaire régulièrement, tout en démontrant que son habileté retrouvée, son aptitude à alterner le jeu court et long, à s’affranchir du jeu adverse étaient de nature à l’emmener loin. Une autre percée de Ribéry créa encore le désordre dans une surface ibérique devenue brûlante mais le tir de Govou s’évapora (81e). Qu’à cela ne tienne : les Bleus, magnifiques de ténacité, insistèrent encore, agissant en fait dans le droit fil de tout ce qu’ils avaient fait jusque-là. Un coup franc de Zidane termina sa course sur la tête de Vieira (1-2, 84e), avant que « Zizou » en personne n’écrive à son tour l’histoire (1-3, 90e + 3). Ultimes symboles d’une France qui, hier soir, n’avait peur de rien et qui surtout avait retrouvé de la cohérence, du jus et de l’inspiration.t
Et un, et deux, et trois… La France est en quarts de finale et elle y affrontera le Brésil, samedi. Quelle soirée et quelle perspective !
À HANOVRE, PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr Ce n’était évidemment plus un match « ordinaire » et pour plein de raisons – essentiellement émotionnelles – on avait eu tout de suite senti la dimension de l’événement, son impact, ses formidables enjeux. Et pour couronner le tout – véritable cerise sur le gâteau – les Bleus s’étaient engagés dans ce défi énorme sur les bases qui, il n’y a pas si longtemps, leur valaient encore de surfer sur une vague de forte amplitude.
Le bloc français, positionné très haut, ne présentait aucune faille. Il était compact et en apparence inexpugnable tant les relations défense-milieu-attaque étaient franches et dénuées de ces accès de fébrilité tellement préjudiciables précédemment.
Situations favorables
Pour être franc, les vingt premières minutes n’avaient été qu’un chapelet d’attitudes cohérentes, d’initiatives bien pensées, en rupture totale avec un passé récent. Du coup, l’équipe de France s’était logiquement retrouvée dans des situations favorables, la séquence la plus significative se situant au-delà du premier quart d’heure quand Ribéry et Vieira héritèrent d’un « caviar » de Henry sans être en mesure hélas de prolonger de façon rentable un magnifique enchaînement Zidane-Henry (16e). Le genre d’occasion qu’on se doit de saisir sous peine de s’exposer à de cruels désagréments.
Aussi quand Thuram, un peu trop virulent dans son attaque de balle sur Pablo en pleine surface, essuya instantanément les foudres arbitrales, les Bleus mesurèrent-ils un peu mieux la portée de leur échec antérieur. Un penalty n’est jamais neutre. Celui-là était franchement frustrant (1-0, 27e).
Mais dans cette histoire aux odeurs âcres, l’équipe de France eut la réaction qu’on attendait d’elle ; à savoir que de son jeu équilibré naquit bientôt une égalisation méritée portant la griffe d’un Ribéry cette fois puncheur (1-1, 41e).
En élevant leur niveau de jeu, en étant enfin en phase avec les exigences d’une Coupe du monde, les Bleus avaient obligé l’Espagne à développer un football qui n’était pas le sien et surtout à reculer, ce qui était nouveau et témoignait de l’emprise française à laquelle Malouda et Ribéry donnèrent d’ailleurs encore plus d’ampleur, à la reprise (détente de Casillas, 52e ; centre contré, 59e).
La France ondulait et piquait son adversaire régulièrement, tout en démontrant que son habileté retrouvée, son aptitude à alterner le jeu court et long, à s’affranchir du jeu adverse étaient de nature à l’emmener loin. Une autre percée de Ribéry créa encore le désordre dans une surface ibérique devenue brûlante mais le tir de Govou s’évapora (81e). Qu’à cela ne tienne : les Bleus, magnifiques de ténacité, insistèrent encore, agissant en fait dans le droit fil de tout ce qu’ils avaient fait jusque-là. Un coup franc de Zidane termina sa course sur la tête de Vieira (1-2, 84e), avant que « Zizou » en personne n’écrive à son tour l’histoire (1-3, 90e + 3). Ultimes symboles d’une France qui, hier soir, n’avait peur de rien et qui surtout avait retrouvé de la cohérence, du jus et de l’inspiration.t













