La Voix du Nord - 09/07/2006 |
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Marcello Lippi : «Si on perd, on souffrira comme des bêtes»
La demi-finale entre l’Allemagne et l’Italie a basculé sur son sens de l’anticipation. Au coeur de la prolongation, ses aménagements tactiques ont en effet permis à la Squadra Azzurra de pousser l’Allemagne en dehors de sa Coupe du monde (2-0).
Marcello Lippi est, du coup, celui qui a rendu ses lettres de noblesses au football transalpin. Nommé en juillet 2004, après le passage mouvementé de Trappatoni à la tête de la Squadra, Lippi a assaini les bases en formant un groupe équilibré, mélange habile de joueurs chevronnés (Totti, Gattuso, Del Piero, Pirlo) et d’autres plus ombrageux (Perrota, Grosso).
Il est un homme respecté de l’autre côté des Alpes, où il a fait le bonheur de la Juventus. C’est d’ailleurs lui qui a pris Zidane sous son aile, après son départ de Bordeaux. Ils ont partagé ensemble le « Scudetto » de 1997 et celui de 98, échouant cependant en finale de la Ligue des champions. Tout ne fut pas facile pour « Zizou » à son arrivée parmi les stars de la « Juve », mais Lippi le protégea constamment. « Tu peux te détendre et jouer comme tu sais le faire, parce qu’un joueur comme toi, jamais je ne le laisserai sur le banc, lui avait-il assuré à l’époque. Avec moi, tu seras toujours titulaire parce que tu es fait pour jouer à la Juve. » Hier, à Duisbourg, Marcello Lippi a pourtant préféré esquiver le débat Zidane. « Ce serait une erreur de se concentrer sur un seul joueur.
L’équipe de France est avant tout une équipe », a-t-il expliqué.
Conscient de la bouffée d’oxygène que pourrait représenter un titre mondial, le technicien est partisan d’aller chercher le trophée sans l’attendre.
L’Italie a suffisamment payé pour savoir ce que la défaite peut laisser comme stigmates douloureux. « Ma philosophie c’est : "quand l’occasion se présente de remporter des choses importantes, il faut agir". Si on perd, on souffrira comme des bêtes », a soufflé Lippi hier.
Qui aura le plus faim ?
Son expérience le pousse cependant à croire que ce sont les détails qui feront basculer la rencontre. « Il n’y a pas grande différence entre les Bleus et nous. La France a une excellente équipe, avec de superbes joueurs, mais notre équipe aussi est très forte. Il y a beaucoup de facteurs qui vont influer sur l’issue de la finale, comme l’organisation tactique, la qualité technique... Mais le plus important sera sans doute la réponse à la question : quelle équipe aura le plus faim ? »
À BERLIN, PAR ANTOINE PLACER












