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La Voix des Sports - 10/07/2006
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« Zizou » perd ses nerfs, le rêve passe…
La finale : Italie - France
 Le tournant du match, Zidane répond aux provocations de Materazzi. Un coup de tête plus tard, il est expulsé… Berlin (envoyé spécial). – Ils en avaient rêvé fortement. L’objectif suprême était là, à portée de mains et, au bout du suspense ou presque, Zidane avait eu l’opportunité de donner à sa carrière une ultime impulsion.
Le ballon roulait alors dans le bon sens pour les Bleus qui finissaient beaucoup mieux que les Italiens. Mais, en un éclair, tout bascula dans cette finale que l’équipe de France avait pourtant fini par mieux maîtriser que sa rivale.
En perdant soudain son sang-froid face aux provocations de Materazzi, « Zizou » perdit aussi le contact avec la finale à un moment crucial et tout devint dès lors plus dur ; d’autant qu’au-delà de la prolongation, l’équipe de France ne se montra pas non plus irréprochable, David Trezeguet manquant le quatrième tir au but d’une série imposée par les circonstances.
Zidane expulsé, « Trezegol » aphone… C’en était trop pour les Bleus qui, logiquement, s’éteignirent au bout de la nuit berlinoise. Issue terrible, mais pouvait-on espérer autre chose d’une fin de match vraiment trop pénalisante ? Vingt-quatre ans après son dernier sacre de Madrid, l’Italie renaît, elle, en pleine lumière. Le genre d’événement qui compte au moment où la péninsule se débat dans de douloureuses affaires de corruption.
Trois heures plus tôt, la finale avait offert aux 69 000 spectateurs du stade olympique deux buts en moins de vingt minutes. Un pour les Bleus, un autre pour les Italiens ; et pas des buts ordinaires, même si l’un d’eux résulta d’un penalty. En l’occurrence, le ballon piqué de Zizou, « via » la barre transversale, synthétisait toute la confiance de l’homme désireux d’aller au bout de son projet (0-1, 7e).
Ce coup génial, s’il mettait la France sur orbite, ne lui garantissait en revanche rien, le jeu perforant de l’Italie constituant alors des contrepoids de taille. Cette « Squadra » solidement arrimée sur ses bases, n’avait pas tardé d’ailleurs à revenir dans le match, sur un mouvement d’école. Corner de Pirlo, tête de Materazzi (1-1, 19e).
Pour la France, qui souffrait trop souvent de la comparaison avec un adversaire égrenant ses idées tranquillement, la situation n’était pas rassurante ; d’autant que dans la foulée, les Italiens étaient vite redevenus menaçants (Materazzi, 28e ; Toni, 35e). Confrontés à l’épineux problème posé par des Italiens capables à tout moment de créer des ruptures, les Bleus n’avaient pas dix mille solutions sous la main. Il leur fallait prendre leurs responsabilités.
À en juger par leur début de seconde mi-temps, le message avait été enregistré. Car la France s’était mise, en effet, à jouer de façon plus ample, plus créative, plus percutante aussi, Malouda par deux fois se retrouvant au coeur de l’action pour tirer puis servir Ribéry. Mis en appétit, Henry avait ajouté pour sa part un tir tendu (63e) et Malouda, un autre sans angle (65e).
Bref, les Bleus avaient enfin lâché le frein à mains. Un double investissement auquel Ribéry et Malouda n’étaient pas étrangers devant une Italie moins enjouée. Plus tard, lorsque la prolongation devint inévitable, le premier nommé aurait très bien pu enlever le gros lot (100e), avant que Zidane n’ait une balle de match sauvée par Buffon (104e).
« Zizou », le magnifique, qui d’un statut en or passa sans transition à celui d’un joueur puni (110e). Il fallait, hélas, y voir un signe puisque les tirs au but qui suivirent scellèrent le sort d’une France orpheline de son champion, mais aussi trop maladroite, Trezeguet voyant son ballon frapper la barre.

Pierre DIÉVAL
Photo AFP

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