La Voix des Sports - 10/07/2006 |
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La finale : Italie - France Domenech : « Une immense déception »
Berlin (envoyés spécial). – Évidemment, Raymond Domenech ne put échapper aux questions relatives à l’expulsion de Zidane alors que l’équipe de France, beaucoup mieux installée dans le match, beaucoup plus saignante, semblait en mesure de bousculer une Italie fatiguée, usée même. Le sélectionneur ne se déroba pas, estimant que la sortie prématurée de son meneur de jeu avait beaucoup pesé sur le cours des événements, sans influer cependant directement dans la séance des tirs au but.– L’expulsion de Zidane a-t-elle eu une influence négative sur le plan stratégique ?
« Il y avait déjà eu Patrick Vieira qui avait dû s’effacer sur blessure. Ensuite, on se retrouve à dix à un moment important. Ce n’était donc pas une bonne nouvelle pour nous. Deux faits marquants de cette dimension constituent toujours un handicap.
Cela dit, je ne pense pas que, psychologiquement, son expulsion ait pu jouer un rôle au cours de la séance des tirs au but. Zidane tire normalement dans les premiers. Mais ça ne change pas fondamentalement les données du problème. Les tirs au but, ceux qui se sentent bien les tirent. D’autres refusent… » – Connaissez-vous les raisons pour lesquelles Zidane a réagi de la sorte ?
« Il est clair que l’arbitre n’a pas été, globalement, de notre côté. Mais il s’est sûrement passé quelque chose. Je n’en sais pas plus. Je n’ai pas revu les images à la télévision. Cela dit, Materazzi en a fait beaucoup à mon sens. Beaucoup trop. C’est lui qui aurait dû être élu homme du match à la place de Pirlo. Il égalise et il provoque l’expulsion de Zidane. Pas mal pour un seul homme. Il faudra aussi m’expliquer pourquoi en l’occurrence c’est le quatrième arbitre et non l’arbitre assistant qui a influé sur la décision finale de l’arbitre. Il a regardé la vidéo. C’est nouveau. Les autorités du football devront me dire s’il y a désormais une nouvelle règle. ! » – Voir Zidane partir sur cette mauvaise note, est-ce perturbant ?
« C’est triste. "Zizou" ne méritait pas assurément une telle sortie. J’aurais préféré le sortir moi-même à cinq minutes de la fin plutôt que d’assister à son expulsion. Ça me rend très triste… » – Quel bilan tirez-vous de cette Coupe du monde qui avait commencé difficilement mais qui, ensuite, vous a valu de grosses satisfactions ?
« Dans deux ou trois jours, peut-être, je serai en mesure d’analyser tous les événements qui se sont produits pendant un mois. Quand je me poserai, sans doute aurai-je le loisir de réfléchir. Quand je ne ressentirai plus cette déception qui est en moi. Par la suite, d’autres sentiments viendront sans doute. Mais, pour l’heure, je suis déçu d’avoir lâché cette finale. C’est une immense déception. On ne peut être content après une finale perdue, même aux tirs au but. D’autant qu’on pouvait la gagner. » – Quel sera votre avenir ? Allez-vous rester à la tête des Bleus ?
« J’ai décidé de partir en vacances. Demain, le conseil fédéral de la Fédération se réunira. Le président aura alors peut-être des choses à dire.
Mais ce n’est pas l’actualité. Mon avenir, c’est le dernier de mes soucis. Pour l’instant, je suis dans la déception de la finale. Le reste, ça n’a pas d’importance. »
Propos recueillis par Pierre DIÉVAL












