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La Voix des Sports - 10/07/2006
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À Lille, coup de massue sur la tête des supporteurs
La finale vue de la région
 Après avoir longtemps espéré, le public lillois a dû se résigner à encaisser la défaite. Amertume. Un garçon maquillé en bleu-blanc-rouge traverse la Grand-Place de Lille, l’air aussi lugubre que les pensées d’une veuve. Rue Faidherbe, Medhi et Sandra regagnent, tête basse et très silencieux, la voiture. « On retourne à Bruxelles directement. Terminer deuxième, ça fait trop mal  ! Il aurait mieux fallu finir troisième ou quatrième. », lâche, dépité, le couple de Français émigré de l’autre côté de la frontière.
Il est 22 h 50 et la France vient d’échouer aux portes de la gloire. Le parc Matisse, qui jouxte Euralille, se vide. Rapidement. Discrètement. Les 40  000 personnes – un record – rassemblées depuis 20 h pour assister à la retransmission sur deux écrans géants paraissent groggy. Pressées de rentrer à la maison. Un policier regarde un collègue et laisse ses bras tomber le long de ses hanches.

Zidane, il a marqué !


Tout avait pourtant bien commencé. Ludo, Gilles, Laurent, Gersande et les autres avaient pris place sur un coin d’herbe à 19 h 50. Soleil de bonne humeur et moral de vainqueur. « On voulait regarder le match avec du monde. C’est pour ça qu’on est venus ici », sourit Gilles, 23 ans, salarié dans le bâtiment. Son ami et collègue, Ludo, 28 ans, est le seul de la bande à porter le maillot bleu. « Je l’ai mis seulement ce soir. Moi, c’est l’ambiance qui m’intéresse plus que le résultat. » Gilles le certifie : « Il va y avoir une grosse ambiance ce soir ! » But de Zidane. Ludo chante : « Zidane, il a marqué. » Avant de glisser, hilare : « J’ai pas vu le but, mais franchement, ça fait plaisir ! » Près de trois heures plus tard, la soirée avait pris du plomb dans l’aile pour le groupe d’amis : fiesta reportée. À 23 h 15, sur la Grand-Place, quelque 200 personnes traînaient, refaisaient le match. Nulle voiture klaxonnant. Les fêtards étaient sonnés.

Nicolas FAUCON

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