La Voix des Sports - 10/07/2006 |
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Zinedine Zidane ou le crépuscule d’un roi soudainement maudit
La finale : Italie - France
Berlin (envoyé spécial). – Elle était pour lui, cette finale. Au plus fort de la domination française, alors que le match s’éternisait dans la prolongation, rien ne semblait pouvoir arriver aux Bleus avec « Zizou ». Et soudain, « Zizou » est parti. Presque de lui-même, mais pas de la manière dont on rêvait.Imprévisible Zidane. Même en finale de la Coupe du monde, le maître « Zizou » a rappelé à la terre entière que le foot n’était qu’un jeu. Seul lui pouvait oser tirer un penalty comme il l’a fait, d’une surprenante balle piquée qui a fait trembler la France entière pour finalement faire enrager toute l’Italie.
Après ce coup d’éclat, allait-on assister au crépuscule d’un dieu du foot ?
Pas encore. Pas tout de suite. Car les Bleus avaient encore besoin de leur maître à jouer pour tenter de passer en force la défense italienne. Alors Zidane se prit à nouveau pour Yazid, ce gamin des quartiers nord de Marseille, qui avait décidé de dribbler la vie avec un ballon de foot, ce ballon avec lequel il fallait désormais dribbler le monde et faire aller plus vite que la Squadra Azzura. Et si les Bleus étaient poussés en prolongation, on se réjouissait presque d’en reprendre pour trente minutes de plus. Contrôle tête et genou pied, le foot devient presque aussi simple qu’une comptine lorsque « Zizou » se met à le réciter.
Et puis survint le drame. Saura-t-on un jour ce que le défenseur italien Materazzi a osé lui dire ? Seul Zidane, lui, le sait. Seul lui sait pourquoi il a répondu violemment. L’artiste était trop turbulent, mais il était d’abord tout simplement humain, avec ses forces et ses faiblesses. La carrière du maître s’est terminée sur un coup de tête. Et dire qu’on aurait complètement oublié cette bêtise si la France avait gagné.
Stéphane CARPENTIER
Ph. Didier CRASNAULT et AFP















