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La Voix du Nord - 11/07/2006
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Quand Zinedine Zidane craque, ça fait mal
ÉQUIPE DE FRANCE L’expulsion, justifiée, du meneur de jeu français pendant la finalepriva les Bleus d’une force majeure et casse l’image exemplaire du joueur
 108e minute de jeu, Zidane vient d’asséner un violent coup de tête à Materazzi qui s’écroule. La carrière de «Zizou» s’achève sur cet incident... Avec le triomphe italien, au bout du suspense et d’une série de tirs au but haletante (5-3), ce fut le fait marquant de la finale : l’expulsion de Zinedine Zidane. Un événement stratégiquement très pénalisant pour les Bleus, même s’il ne fut pas la cause essentielle de leur échec. « Zizou » a rarement fait l’objet d’une telle sanction. Mais en l’occurrence, son écart de conduite priva la France d’un élément de poids à un moment crucial et il jette bien sûr une ombre sur sa fin de carrière.

À BERLIN, PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO DIDIER CRASNAULT


Que s’est-il passé pour que Zinedine Zidane, la star, l’icône, le champion à l’exemplarité reconnue puisse soudain perdre son sang-froid et commettre un acte hautement répréhensible, en l’occurrence un coup de tête violent sur la poitrine de Marco Materazzi alors que le jeu s’était déplacé hors de sa zone d’influence ? Plus que les raisons qui le poussèrent à agir de la sorte alors que le contexte sportif du moment laissait apparaître une réelle opportunité à la France de l’emporter (il venait d’ailleurs de placer une tête magnifique), ce sont les conséquences stratégiques et humaines de son acte qui constituent, avec le recul, le noeud du problème et induisent forcément beaucoup d’interrogations.

Les faits. – On joue la 108e minute de la finale quand, après une relance italienne, Zidane se retourne soudain vers Materazzi après avoir donné l’impression de s’en éloigner et lui assène un violent coup de tête à la hauteur du plexus solaire. L’Italien s’effondre, en rajoute sûrement un peu. Le jeu est arrêté. Les Italiens, offusqués, s’en remettent aux arbitres. M. Elizondo finit par venir consulter l’un de ses assistants qui, lui-même, a été averti par le quatrième arbitre du geste de Zidane, sur la base (Raymond Domenech le soulignera plus tard) d’un examen vidéo rapide – ce qui est étonnant vu la réglementation en vigueur – avant de sortir le carton rouge.

Pourquoi ? – Raymond Domenech, comme d’ailleurs Marcelo Lippi, avoueront ne rien savoir sur les conditions de la séquence en question, le Français avouant tout de même : « Il a dû se passer quelque chose... » Il semble probable que Zidane ait répondu à une provocation verbale, le visant personnellement ou sa famille, et qu’il n’aurait pas admise.

Précédents. – Dans sa carrière, « Zizou » n’a pas souvent défrayé la chronique disciplinaire. Mais il lui est arrivé (une douzaine de fois) d’être expulsé ; notamment avec les Bleus, en 1998, lors du match France - Arabie saoudite, pour avoir essuyé ses crampons sur la jambe d’un adversaire ; ou plus récemment, en Coupe d’Europe avec la Juventus Turin (coup de tête à un joueur allemand). Les archives font état aussi d’un direct droit à la face de... Marcel Desailly, en 1993, à l’occasion d’un Marseille - Bordeaux.

Provocation. – En explorant toutes les pistes de réflexion possibles, il n’est pas interdit de penser que Lippi – qui a eu Zidane sous ses ordres – ait pu souffler à l’oreille de Materazzi quelques petits conseils visant à déstabiliser le meneur de jeu français, même si ça ne semble pas le style du personnage.

Image. – En mettant un terme à sa carrière sur ce dérapage, Zidane ternit inévitablement son image. L’interprétation des faits et leurs retombées sont catastrophiques. « J’aurais préféré le sortir à cinq minutes de la fin pour des raisons sportives », souffla d’ailleurs Domenech, mesurant l’effet boomerang produit par le geste de son joueur.




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