L'actualité sportive :
du :
 
La Voix du Nord - 11/07/2006
Imprimer l'article
RÉACTIONS
Florent Malouda : « On sait tous ce qui s’est passé »
 Malouda, ici à la lutte avec Zambrotta, souligne le «talent pour la provocation» des Italiens. Abattus à leur sortie du vestiaire, les Bleus n’ont pourtant pas oublié de souligner leur exceptionnel parcours. Ils sont très peu, en revanche, à s’être exprimés sur le coup de sang de Zidane.

À BERLIN, PAR ANTOINE PLACER
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO DIDIER CRASNAULT

Mickaël Landreau est naturellement l’un des premiers à s’être extirpé du vestiaire, dimanche soir. Le troisième gardien des Bleus, qui a vécu toute la compétition sur le banc, possédait alors forcément plus de recul que les autres. « C’est en deuxième mi-temps qu’on s’est loupés : on dominait largement et on n’a pas su marquer le but qui nous aurait évité les penaltys. Il va falloir distinguer l’émotion immédiate de la défaite, et le recul qu’on va prendre en rentrant en France et en réalisant tout ce que l’on a fait. » Mickaël Silvestre sort ensuite. Les yeux dans le vague, il semble déambuler avec des semelles de plomb. Les mots paraissent lui écorcher la bouche. « C’est une profonde désillusion, laisse-t-il échapper.
C’est très dur à avaler. »

Trezeguet assume

Les minutes s’égrènent et la porte du vestiaire ne veut plus s’ouvrir. Comment s’arracher de la chaleur de cette pièce où personne ne les regarde, personne ne les juge encore ? Pour eux, le plus difficile commence : il leur faut traverser ce long corridor de médias qui leur demande « Comment ? Pourquoi ? ». Certains passent dans un silence déchirant, tel Fabien Barthez, dont c’était certainement la dernière sortie en Bleu. D’autres prennent le temps de comprendre. C’est dans cette torpeur étouffante, cette tristesse accablante, que les Bleus ont quitté Berlin, dimanche.

David Trezeguet, auteur du tir au but manqué, ne fut pas le moins sollicité. Il n’a jamais fui les questions. « J’ai pris mes responsabilités. Je n’en tire pas beaucoup mais quand j’ai l’occasion, je ne cogite pas. Je l’ai bien placé, mais ça a touché la barre. » Sagnol était abattu, lui aussi.

« C’est dommage. L’heure n’est pas aux sourires. On a eu la maîtrise du jeu. On a l’impression que cela réduit à néant tous les sacrifices et le travail qu’on avait fournis, même si l’on sait que tout ça est un investissement pour l’avenir du groupe. » Il est un sujet qui taraude tout le monde, pourtant. Ont-ils discuté du coup de tête de Zidane ? Ont-ils vu le meneur de jeu français ? Ils sont évidemment très prudents avec le sujet. « Ce qui s’est passé ? Je ne sais pas, a glissé Landreau. Il faudra lui demander à lui... » « Il était dépité, a expliqué Silvestre. Mais ça nous est passé au-dessus, c’est presque anecdotique. » Une version que Willy Sagnol confirme : « L’expulsion de "Zizou" n’a rien changé à la physionomie de la fin de match. Même à dix on a continué à les dominer.

» Il n’y en a qu’un, finalement, pour se mouiller un peu. « On ne va pas chercher à polémiquer, a soufflé Malouda. Mais on connaît leur talent pour la provocation. On sait tous ce qui s’est passé, et pas seulement à 10 minutes de la fin du match. Mais on ne veut pas gâcher la fête des Italiens. On en a parlé entre nous, et personne n’en veut à "Zizou", en tout cas. »

Nos autres sites :