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La Voix du Nord - 12/07/2006
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BILAN
Un Mondial en phase avec l’enjeu mais en panne de fantaisie
 Ronaldinho et le Brésil complètement étouffés par Vieira et les Bleus, une des images fortes du Mondial. Que restera-t-il du Mondial allemand ? D’abord le souvenir d’un événement festif, d’une organisation sans faille et de stades magnifiques. Mais l’euphorie et la fantaisie des tribunes ne se sont malheureusement que trop rarement invitées sur le terrain.

PAR STÉPHANE CARPENTIER

sports@lavoixdunord.fr PHOTO DIDIER CRASNAULT

Intelligence tactique. – La France et l’Italie n’étaient peut-être pas les plus talentueuses, mais ce sont elles qui ont le mieux géré leurs matchs sur le plan tactique. Après un premier tour assez attrayant, l’enjeu a en effet dicté la conduite des équipes qualifiées dont l’objectif était d’abord d’annihiler les forces adverses pour mieux les contrer. La moyenne de buts marqués par match (2,3 buts) est la plus faible depuis la Coupe du monde en Italie, en 1990, qui avait provoqué des évolutions importantes dans les lois du jeu.

La faillite du Brésil. – Si les Français y sont pour beaucoup, il n’empêche que le Brésil est la plus grosse déception du Mondial. Il y a un mois, tout le monde ou presque, s’attendait au sacre de la Seleçao. Mais les artistes sont restés en panne d’inspiration. Ils n’ont fait qu’entretenir l’illusion, jusqu’à ce fameux match face à la France où leur faiblesse est apparue au grand jour. À l’arrivée, ils n’ont rendu qu’une pâle esquisse, à l’image de leur prodige, Ronaldinho, qui a traversé le Mondial comme une ombre.

Timide Afrique. – Depuis les exploits de l’Algérie en 1982 et surtout du Cameroun en 1990, le Mondial avait souvent permis de s’enflammer derrière un pays africain, ce ne fut pas le cas cette fois. Hormis le parcours honorable du Ghana, les pays africains n’ont pas su créer la surprise. Le jeu très offensif des Ivoiriens, l’une des équipes les plus attrayantes de l’épreuve, aurait pourtant mérité d’être récompensé et aurait incontestablement apporté un peu de folie à ce Mondial qui en a cruellement manqué.

L’arbitrage en question. – Cela restera l’un des points noirs de cette Coupe du monde. Des penaltys oubliés ou injustifiés, des buts valables refusés et inversement, les décisions arbitrales ont parfois pesé lourd dans l’issue des matchs. On retiendra aussi la désastreuse valse des cartons lors de Portugal - Pays-Bas (16 jaunes et 4 rouges, nouveau record) tout comme le nom du défenseur croate Josip Simunic, désormais célèbre pour avoir reçu trois cartons jaunes dans le même match.

Une ambiance salvatrice. – C’est l’aspect le plus positif de l’épreuve. Les Allemands voulaient que leur Coupe du monde soit une fête, ils y sont parvenus. Dans des stades exceptionnels, les supporteurs de toutes les nations ont pu s’en donner à coeur joie, sans animosité. Les 15  000 bénévoles furent exemplaires de courtoisie malgré les exigeantes consignes de sécurité et le million de visiteurs est reparti enchanté. Aucun incident notable ne fut à déplorer, mis à part quelques débordements isolés de supporteurs anglais enivrés.

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