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La Voix du Nord - 12/07/2006
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Materazzi a reconnu avoir insulté Zidane
ÉQUIPE DE FRANCE Alors que le meneur de jeu des Bleus s'exprimera ce soir à 20h (sur Canal Plus), le champion du monde italien a avoué avoir eu des mots avec lui
 Connu pour être un provocateur, Marco Materazzi a-t-il insulté la mère de «Zizou»? Dur à croire, l’Italien ayant perdu sa maman à l’âge de 14ans. PHOTOS AFP Deux jours après l’expulsion de Zinedine Zidane en finale du Mondial face à l’Italie, la polémique née de son coup de tête asséné au défenseur italien Marco Materazzi continue d’éclipser le sacre de la Squadra Azzura, en attendant la version du capitaine des Bleus.

Élu lundi meilleur joueur du tournoi par la FIFA, le n° 10 français s’est jusqu’ici muré dans le silence, laissant du coup le champ libre à tous les commentaires. Lundi, son agent Alain Migliaccio avait déclaré à la BBC que Zidane révélerait la nature exacte de l’échange verbal entre les deux joueurs « dans quelques jours ».

La FIFA a, elle, décidé d’ouvrir une enquête disciplinaire pour « faire la lumière sur les circonstances précises de cet incident et clarifier sa position concernant les événements » de la finale.

Toutefois, la fédération internationale ne mentionne pas d’éventuelles responsabilités de Materazzi comme étant à l’origine du geste de Zidane, expulsé sur carton rouge après son coup de tête.

En outre, la FIFA souligne que c’est le quatrième arbitre, Luis Medina Cantalejo (Espagne), qui a vu les faits depuis le bord du terrain, et nie tout usage de la vidéo. Il les a ensuite rapportés à l’arbitre principal et à ses assistants grâce à la liaison radio dont ils disposent.

Cela n’empêche pas la polémique d’enfler. Les Français, Domenech en tête, avaient les premiers affirmé que le quatrième arbitre avait eu recours à la vidéo... alors que le débat faisait déjà rage depuis le début du Mondial, la télé ayant multiplié les ralentis sur les penaltys imaginaires, les buts valables non validés et les innombrables simulations. L’enjeu est de taille : le président de la FIFA, Sepp Blatter, a de nouveau exclu le recours à la vidéo, pour venir en aide aux arbitres.

Un vrai provocateur

Interrogé hier par le quotidien sportif transalpin La Gazzetta dello Sport, Materazzi a reconnu avoir insulté Zidane , mais seulement pour répondre à une provocation du Français.

« J’ai tenu son maillot pendant quelques secondes seulement, il s’est tourné vers moi, il m’a parlé en raillant, il m’a regardé avec une super arrogance, de haut en bas : "Si vraiment tu veux mon maillot, je te le donnerai après. Je lui ai répondu avec une insulte, c’est vrai », a-t-il expliqué.

Sans entrer dans les détails, le joueur de l’Inter Milan a cependant démenti avoir traité Zidane de « terroriste » comme l’indique une partie de la presse anglaise, après avoir consulté des experts en lecture labiale.

« On sait tous que tu es le fils d’une pute terroriste », aurait-il lancé à l’adresse du Français, selon The Times, The Sun et le Daily Mail. Le quotidien espagnol Marca abonde dans le même sens, alors que la chaîne de télévision brésilienne Globo, sur la foi de spécialistes, a évoqué des insultes adressées à la soeur de Zidane, qualifiée de « prostituée ».

La réputation de joueur de caractère forgée par Materazzi dans le calcio ajoute encore à la confusion. Les médias italiens rappelaient hier que le défenseur était coutumier des bagarres et autres provocations sur le terrain.

Expulsé en huitième de finale du Mondial face à l’Australie (1-0) pour un tacle sévère contre le milieu de terrain Bresciano, Materazzi avait notamment vu rouge, en février 2004, lors d’une rencontre de son club contre Sienne, après avoir adressé un coup de poing à un adversaire, Bruno Cirillo. Résultat : quatre mois de suspension. Du côté de l’équipe de France, seul Lilian Thuram a évoqué des « «insultes ». « J’en ai discuté après le match. Il m’a expliqué qu’en fait, le joueur italien l’avait insulté », a déclaré Thuram qui a refusé de dévoiler ce que Materazzi avait dit à Zidane. « Ce n’est pas le plus important. Ce sera à lui d’en parler ». « Il a réalisé après coup qu’en fait il était tombé dans le piège des joueurs italiens. » Le mystère reste entier, entretenu par le mutisme du premier intéressé, Zidane semblant en outre écrasé par les conséquences de son acte..


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