La Voix des Sports - 10/07/2006 |
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Le mariage enfin réussi des générations
Le bilan des Bleus
Berlin (envoyé spécial). – C’est sans doute l’immense différence qui sépare les aventures du Mondial 2002 et de l’Euro 2004, de cette Coupe du monde 2006. Autrefois clanique et disloqué, le vestiaire de l’équipe de France a traversé ce mois en Allemagne au château d’Aerzen dans la sérénité.Et c’est sans doute là la première réussite de Raymond Domenech, dont la liste des 23 avait interrogé à sa publication. Le sélectionneur, en choisissant volontairement deux profils de joueurs (les « titulaires indiscutables » et les « jokers déjà contents d’être là ») a structuré le groupe de manière à ce que celui-ci connaisse sa hiérarchie intérieure de manière naturelle.
En ne retenant pas les Pires, Giuly, Micoud, qui appartiennent à une troisième catégorie (les « titulaires bis »), il s’est évité des coups de gueule – pour manque de temps de jeu – en cours de compétition. Finalement, seuls Trezeguet et Coupet, pendant ce Mondial, auraient pu nourrir quelques aigreurs et en faire part. Mais le gardien lyonnais a crevé l’abcès dès le stage de Tignes (il fut au bord du départ), tandis que le buteur de la Juventus a su tenir sa langue.
« Bien sûr qu’il y a eu des moments chauds, des moments de tension, a expliqué Sagnol. C’est normal. Mais ce fut rapidement réglé en interne. » Il va plus loin. « Tout le monde a voulu tirer dans le même sens, même si on a tous des idées différentes sur la façon de fonctionner. Cela prouve que le travail à l’intérieur du groupe a été bien fait. » C’était une des leçons à tirer des échecs précédents, elle le fut.
Cette réussite est donc celle de l’entente cordiale entre deux générations : celle, exceptionnelle, qui aura disputé deux finales de Coupe du monde en huit ans (Barthez, Thuram, Zidane, Vieira…), et l’autre, qui pointe le bout de son nez, et qui aura accepté de laisser sa place une dernière fois, pour la bonne cause (Diarra, Saha…).
Raymond Domenech n’a d’ailleurs pas manqué de leur rendre hommage (lire ci-dessous). « Il faut féliciter tous ceux qui sont restés collés au groupe, ceux qui n’ont pas joué, c’est très dur pour eux. » Il sait aussi que le temps joue pour eux.
À son arrivée, le sélectionneur avait fait table rase du passé et misé fortement sur la nouvelle vague. Dans cette configuration, les Bleus sentaient s’échapper le voyage pour l’Allemagne, ce que le retour des cadres de 1998 et 2000 a rectifié. « On n’enlève pas leur place aux titulaires, on vient leur prendre », a souvent martelé Domenech.
Dans ce cas précis, la jeune génération était encore trop tendre pour prendre la relève seule et assumer l’ambition du 9 juillet. Son heure viendra dès cet automne, avec le début des qualifications pour l’Euro 2008.
Antoine PLACER
Photo Didier CRASNAULT















