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La Voix des Sports - 10/07/2006
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La carrière de « Zizou » Le fabuleux destin de Zinedine Zidane
 Zinedine Zidane laissera une trace indélébile dans l’histoire du foot mondial. Berlin (envoyé spécial). – De Cannes, en passant par Bordeaux, Turin et Madrid, à ses exploits sous le maillot bleu, « Zizou » a toujours suivi une trajectoire exponentielle, marquée par la fidélité et la réussite.
Les premiers pas. – C’est Place Tartane, dans le quartier de la Castellane, que Yazid taquinait le ballon en cuir, en bas de chez lui, avec ses frères et ses potes. La rue, la meilleure école, celle des Brésiliens. C’est là que Jean Varraud, son mentor, décédé pendant la Coupe du monde, découvrit la pépite. Il l’embarqua avec lui à Cannes, et le colla dans une famille d’accueil (les Elineau à Pegomas) qui tenta de panser les plaies du déchirement avec sa famille. Il resta six ans sur la Côte d’Azur (jusqu’en 1992), effectuant ses débuts en pro à 17 ans sous les ordres d’un certain...
Jean Fernandez.

L’émergence. – Rolland Courbis, entraîneur à Bordeaux, a repéré le talent du garçon, et ne se fait pas prier pour le subtiliser à l’OM. C’est en Gironde que Zidane lança véritablement sa carrière. C’est aussi là qu’il épousa Véronique, au Haillan, et qu’il se forgea des amitiés hors du commun avec Dugarry et Lizarazu, entre autres. C’est aussi là qu’il réalisa ses premiers exploits, notamment lors d’une qualification mythique face au Milan AC à Lescure, en Coupe UEFA. L’Italie s’est alors passionnée pour le joueur. Le sélectionneur de l’époque aussi, Aimé Jacquet, qui le lança le 17 août 1994, en cours de jeu, face à la République tchèque : bonne pioche, Zizou inscrit les deux buts de la victoire. La France tenait son joyau.

Juventus, Real, les années « Galactique ». – Il découvre Turin en 96. Protégé par Marcello Lippi malgré des débuts difficiles, il devint la machine à gagner qu’on connaît. La « Vieille Dame » lui permit de s’étoffer physiquement et tactiquement, et surtout de se forger un palmarès. Deux scudetto (97-98), mais aussi une Coupe Intercontinentale, une Supercoupe d’Europe, une Coupe d’Italie… Il n’y a bien que la Ligue des champions qui se dérobait encore. On ne l’appelait pas encore comme ça, mais le « Galactique » était pourtant né. Il fut d’ailleurs élu Ballon d’or en décembre 98, quelques mois après avoir remporté le Mondial avec les Bleus, où il avait marqué deux buts en finale (3-0), face au Brésil. Après cinq ans de bons et loyaux services à la Juve, il fila ensuite au Real Madrid, à l’été 2001 (pour 75 M€, transfert record de l’histoire). Outre la Liga, Zidane y remporta l’une de ses plus belles victoires, en Ligue des champions 2002, face au Bayer Leverkusen (1-0). C’est lui qui inscrivit le but de la finale, sur une volée d’une pureté exceptionnelle. C’est dans ce même Real, en perte de vitesse, qu’il boucla sa carrière, juste avant d’arriver en Allemagne.

Les Bleus, en filigrane. – C’est sa deuxième maison, elle a guidé tous ses choix. Deux finales de Mondial en huit ans (1998-2006), ponctuées par un titre de champion d’Europe en 2000. Une véritable histoire d’amour.

Antoine PLACER
Photo Didier CRASNAULT

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