La Voix des Sports - 10/07/2006 |
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Francis Gillot (entraîneur du RC Lens)
« Les Français ont savamment monté en puissance. Je ne suis pas surpris car tous les joueurs alignés par Raymond Domenech sont les meilleurs des meilleurs clubs européens. Pour accéder à la finale, cela se joue parfois sur un détail. La France a beaucoup galéré, l’Italie aussi. Ces équipes sont passées grâce à leur sens tactique. On dit les Français plus vieux, mais c’est relatif : à cet âge-là, outre l’expérience, on a davantage la bonne perception de la compétition et on oublie le rythme des matches. Un petit mot sur l’entraîneur : voilà trois semaines, Domenech était conspué. Serait-il meilleur à la fin du Mondial ou avait-il raison dans ses choix dès le départ ? En tout cas, pour moi, en équipe nationale ou en club, les joueurs sont les acteurs et les résultats, ce sont eux qui les font à 80 %. »
Marco Ramos (joueur de Lens)
« Bien sûr, je suis un peu déçu car en demi-finale j’aurais préféré une victoire du Portugal, étant donné mes origines. Mais comme je suis né en France, je suis content du beau parcours des Bleus et je les ai soutenus à fond. »
Razak Boukari (joueur de Lens)
« Avec du recul, je ne suis pas déçu de ne pas avoir disputé le Mondial avec le Togo. L’équipe de France ? Elle a été beaucoup critiquée au début, il faut dire qu’elle était mal entrée dans la compétition. Mais après cela, on était tous derrière les Bleus. »
Éric Carrière (joueur de Lens)
« Cette Coupe du monde a été intéressante à regarder, avec des matchs de qualité. Le parcours de l’équipe de France ressemble à celui de l’Italie qui, en 1982, avait commencé doucement et qui, même cette année, n’était pas attendue à ce niveau. Les Bleus sont passés très près de la catastrophe en poule et ont fait preuve de solidarité ensuite. Quand on est très critiqué, la confiance revient et elle est même décuplée. On l’avait déjà vécu en 1998 avec Aimé Jacquet, dont les premiers matches à la tête de l’équipe avaient été assez ennuyeux. Mais dans une compétition comme le Mondial, on note parfois des évolutions tactiques qui finissent par payer. »
Éric Chelle (joueur de Valenciennes)
« Contre le Portugal, j’avais pronostiqué 2-0 pour la France avec des buts de Zidane et Henry. Je n’étais pas loin. Au début, c’est vrai, j’étais un peu inquiet, mais quand ils ont passé le premier tour, je me suis dit qu’ils iraient au bout. Physiquement, ils ont trouvé leurs marques et il y a deux ou trois joueurs qui ont explosé comme Vieira.»
Sébastien Roudet (joueur de Valenciennes)
« J’ai confiance dans les Bleus depuis le début. »
Bernard Guignedoux (entraîneur-adjoint de Valenciennes)
« Je comprenais les soucis de l’entraîneur pour dégager une équipe. Une fois que celle-ci s’est dégagée, je l’ai trouvée très cohérente par rapport à l’objectif. Je n’imaginais toutefois pas qu’ils aillent si loin. Il y a eu une explosion après la qualification de la première phase. »
Matthieu Chalmé (joueur de Lille)
« Sans mentir, j’étais persuadé que l’équipe de France irait assez loin si elle passait le premier tour. Il fallait simplement que les joueurs digèrent la préparation physique et gèrent la pression qui les entoure. Les matches de poule, c’est toujours particulier. Tu te dis que si tu ne gagnes pas le premier, tu peux te rattraper sur le second… puis le troisième. Durant cette période, c’est vrai, il était légitime de se poser des questions sur cette équipe de France. Depuis, elle y a plutôt bien répondu. Et on a tous retrouvé un grand Zidane. »
Mathieu Debuchy (joueur de Lille)
« Comme beaucoup de gens, je ne voyais pas l’équipe de France passer. Face au Togo, elle m’a fait peur. Après, je savais que tout devenait possible dans des matches à élimination directe. »
Régis Bogaert (entraîneur de Lesquin, CFA)
« Je ne suis pas surpris par le parcours de l'équipe de France. Il y a deux choses importantes. Domenech a été capable de mettre en place son équipe pendant la Coupe du monde, en conservant la même ossature. Après le dernier match de préparation, on ne savait pas où Vieira jouerait, Ribéry n'y était même pas… Et aujourd'hui, cette équipe est super équilibrée. Je pense qu'ils ont dû travailler beaucoup sur la motivation. Ils l'avaient en eux, mais il a fallu la faire ressortir. En ce sens, je pense que les médias leur ont rendu un service extraordinaire, notamment les médias espagnols qui parlaient du jubilé de Zidane. Quand vous voulez aller chercher la motivation, je ne dis pas que ça fait tout, mais ça peut aider. Domenech peut être fier de ce qu'il a fait parce qu'il a pris des risques et peu lui accordait du crédit. »
Nicolas Huysman (entraîneur de Dunkerque, CFA)
« C'est génial, je suis content pour tout le football français. Le groupe est bien géré par l'entraîneur et le préparateur physique, on a senti la montée en puissance au fur et à mesure des matchs. J'ai beaucoup de respect pour cette équipe, par rapport au travail accompli, et elle me plaît de par sa combativité, sa résistance… Je m'attendais à ce qu'ils fassent un bon parcours car ils étaient revanchards par rapport à 2002. La jeunesse de Ribéry leur a apporté du peps, l'expérience de Thuram qui est extraordinaire en défense, Zidane qui va avoir une sortie à la mesure de son talent… Je prends plaisir à la regarder, car c'est une équipe dans laquelle je me retrouve : elle est combative, expérimentée, a du vice, du talent… »
Cyrille Joly (entraîneur de Valenciennes, CFA2)
« C'est extraordinaire ce qu’a fait l'équipe de France. Je suis très content par rapport à ce qui a été dit sur cette équipe-là, qui a été très critiquée, de même que le staff. Mais ça, c'est un mal propre à la France : on critique avant de faire un bilan. Ce que je trouve fantastique, c'est cet esprit de solidarité qui les habite. »
Philippe Montanier (entraîneur de Boulogne, National)
« On est tous très heureux et surpris car on ne donnait pas cher de la peau de l'équipe de France avant ce Mondial. Là, tout le monde a revêtu sa panoplie du supporteur. Quand on se rappelle les titres de la presse, personne n'était enthousiaste, certains doutaient. On ne peut qu'être admiratif devant la performance. Une fois passé le premier tour, la France n'avait plus trop le maillot de favori et le match contre l'Espagne, à mon sens, a été le déclic.
Ils ont su élever leur niveau de jeu contre l'Espagne, le Brésil et le Portugal. On savait que cette équipe avait un gros potentiel, mais elle a eu du mal à se mettre en route. »
Christophe Raymond (entraîneur d’Arras, CFA2)
« Personnellement, je suis chauvin à 200 %, alors même si la qualité de jeu n'était pas là, au premier tour, on sentait déjà une certaine solidité défensive. Et dans le football actuel, on sait que c'est très important de pouvoir s'appuyer sur une bonne assise défensive. Au niveau tactique, je pense que c'est l'équipe de France la plus forte toutes générations confondues. Je dirai même que, même si elle ressemble à celle de 1998, elle est plus au point.
Elle est beaucoup plus mâture. Elle a souvent été critiquée pour son âge, mais c'est de l'expérience. Et si Zidane brille autant, c'est parce qu'autour, les mecs font le boulot. »
Éric Vercoutre (entraîneur de Marck, CFA2)
« Le plus grand mérite revient sans conteste à Domenech car il a toujours suivi la ligne de conduite qu'il s'était fixée. Il a toujours répété que la France serait au rendez-vous de la finale le 9 juillet et il a toujours gagné. Il mérite un grand coup de chapeau car tout le monde s'est soumis à sa tactique. Si une équipe, c'est onze joueurs et qu'on ne doit pas en sortir un du lot plus qu'un autre, chaque entraîneur doit avoir de telles convictions et ne pas en sortir. Si de tels joueurs n'ont plus grand chose à apprendre, Domenech a fait un grand travail psychologique qui a payé. »















