La Voix des Sports - 10/07/2006 |
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La Porte de Brandebourg en tremble encore...
Les Allemands ont fêté leur « Mannschaft », hier à Berlin
Berlin (envoyé spécial). – Au début, il y en eut quelques uns, perruques jaune-rouge-noir sur la tête, klaxon-compresseur à la main et surtout fierté à fleur de peau.Puis, vers 11 h, c’est par paquets de cent ou deux cents qu’on les vit débouler de la Emlinden Strasse, la grande artère berlinoise qui s’ouvre sur la porte de Brandebourg, pour rejoindre le gros du peloton déjà massé autour de la célèbre place. Mais que faisaient-ils ? Et pourquoi étaient-ils là ? La réponse ne tarda pas.
A midi pile, un grondement sourd s’éleva du magma humain (50 000, 80 000 personnes ?). La « Mannschaft », victorieuse la veille du Portugal dans la « petite » finale, était annoncée pour une ultime parade dans la capitale. Spectacle saisissant d’une communion intense de la foule avec ses footballeurs, d’un pays rendant hommage à son équipe comme si cette troisième place avait valeur, finalement, de vraie victoire.
Toute la ville ou presque était là et pendant trois bonnes heures, les vénérables murs du Bundestag, le parlement allemand, vibrèrent aux sons d’un public enthousiaste comme au premier jour et toujours rivé à sa passion originelle. Par vagues entières, le peuple allemand ondula au gré des évolutions du car rouge amenant Klinsmann et ses hommes de l’aéroport de Tegel, avant de craquer quand Podolski apparut en tête sur l’asphalte surchauffé.
Ce fut alors de la folie. Relayée aux quatre coins du parc proche de la porte de Brandebourg par des écrans géants, la liesse déborda vite au-delà du périmètre de sécurité dressé par la police, jeunes et moins jeunes fondant sur leur cible avec frénésie.
« On n’a pas gagné la Coupe du monde, mais cette fête, c’est notre victoire à nous ! », souffla un monsieur accompagné de son épouse, traduisant à lui seul l’immense ferveur qui, hier à l’heure de l’apéritif, avait déferlé sur Berlin.
Jürgen Klinsmann, que 87% des Allemands veulent maintenir à son poste, selon un sondage paru le matin même dans le « Berliner Zeitung », apparut à son tour avec son charme naturel, ses mots, ses certitudes. Ils l’écoutèrent tous religieusement avant de relancer leurs slogans.
L’Allemagne s’était offerte une sortie à la mesure de ses espérances passées.
P. Di.
Photo AFP













