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La Voix des Sports - 15/01/2007
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Matthieu Millien :
« A Calais, je n’ai jamais eu le temps de m’ennuyer »
Coupe de France (16es de finale)

 Matthieu Millien, milieu de terrain au CRUFC, est instituteur à Calais. Samedi, Matthieu Millien disputera son troisième seizième de finale de Coupe de France en sept ans. Une statistique rare pour un footballeur qui n’a jamais quitté le monde amateur. Le Calaisien pur souche était de la partie en 2000 contre Langon-Castets (3-0) dans l’épopée qui mena le CRUFC en finale. Il avait même crucifié le Bordeaux de Dugarry en demi-finale en inscrivant un but en prolongation.


Il est ensuite resté fidèle au CRUFC pour mener de front sa vie professionnelle et familiale. Il enseigne aujourd’hui la lecture en CP dans une classe du Fort-Nieulay, un quartier de Calais, et, dans quatre mois, il deviendra papa pour la première fois. Matthieu est un témoin des aventures du CRUFC depuis quatorze ans. La saison dernière, à ce même stade de la compétition, il avait éliminé Brest (1-0, ap) et il entend bien prendre sa revanche contre Sedan, dans six jours, au stade de la Libération de Boulogne.



– Matthieu, il y a un an, vous parliez de prendre du recul. Et vous êtes toujours là….
« J’en ai longuement discuté avec mon épouse. Et elle ne voulait pas que j’arrête cette année. Nous avons pris une habitude de vie qui nous convient à tous les deux. Elle sent que si je n’ai pas le foot, je n’aurai pas le même épanouissement. J’ai aussi senti une forte demande au sein du club. Mais maintenant, je réfléchis d’année en année. Je ne prévois plus. » « Nous nous préparons comme des professionnels, même si nous n’en sommes pas. »

 

– Qu’est-ce qui vous pousse à continuer ?
« J’ai toujours l’envie. Et j’ai la confiance du coach. De mon côté, je fais tout pour être convocable le samedi. Je fais les efforts à l’entraînement et donne toujours le maximum en match. Je savoure un peu plus les événements. Comme la Coupe de France par exemple. Je n’ai plus l’ambition d’aller au niveau supérieur. Alors j’en profite. »


– Pensez-vous terminer votre carrière au CRUFC ?
« Il y a effectivement de grandes chances que je termine à Calais. Habitant à Marck, pourquoi ne pas jouer dans ce club qui est situé à côté de chez moi mais les contraintes sont les mêmes. Donc je ne me vois pas aller à Marck pour faire la même chose. Autant rester à Calais et on verra après.
Pourquoi pas servir la réserve comme le fait Greg Vasseur en aménageant quelques entraînements. Le club recherche des joueurs comme ça, qui encadrent les plus jeunes. »


– Vous vous n’êtes pas lassé au fil des saisons ?
« Avec les saisons que nous avons réalisées, je n’ai jamais eu le temps de m’ennuyer. Depuis que j’ai commencé, il y a eu une finale, une montée en National, une descente vers le CFA 2, une montée en CFA. Depuis que je suis au club, soit on monte, soit on descend. La saison passée, nous sommes allés en quart. Cette année, c’est reparti en Coupe et on est dans la course en championnat. Il y a toujours eu un objectif. »

 

– Avec cette expérience acquise au CRUFC, peut-on dire que vous êtes devenu un guide ?
« Non parce que ce n’est pas mon tempérament. Chacun fait ce qu’il a envie. Un gars comme Djezon a plus un tempérament de meneur d’hommes. Je suis peut-être capable de voir individuellement un joueur et de lui donner quelques petits conseils. Mais sans m’imposer. »


– Quelle est votre position sur les dissensions au sein du comité directeur (1) ?
« Nous, les joueurs, ce n’est pas trop notre problème. Nous avons été mis au courant lors de la dernière assemblée. Ça ne nous intéresse pas plus que cela. À partir du moment où entre nous, le coach et ses adjoints, ça se passe bien… »


– Êtes-vous inquiet ?
« Est ce que ça va faire avancer les choses, je n’en sais rien car je n’ai pas assez d’expérience dans ce domaine pour le dire. Je comprends M.
Puissesseau et M. Roches car c’est leur passion. Ça ne doit pas être évident de passer le relais. »


– Si nous revenons sur la Coupe de France, comment s’explique votre réussite ?
« Nous nous préparons comme des professionnels, même si nous n’en sommes pas. Cette année, nous avons eu cinq jours de trêve. Nous nous sommes préparés physiquement pour ce match contre Lorient. Et samedi, sur le terrain, il n’y a rien eu à dire. Pour un match de reprise, nous étions peut-être au-dessus d’eux »


– Sur toutes vos confrontations, jamais vous n’aviez autant dominé votre sujet…
« C’est vrai. L’année passée contre Troyes, nous avions subi en fin de match. Contre Lorient, ce fut une maîtrise totale. Face à des Ligue 1, nous avons de plus en plus confiance. Et inversement, quand elles viennent chez nous, elles ont plus de pression. Nous n’avons pas été pris à la gorge et nous avons la chance de marquer de suite. J’ai eu l’impression que Lorient est d’abord venu pour ne pas perdre.


– Pourquoi êtes-vous si libérés en Coupe ?
« L’important, c’est se faire plaisir, avant, pendant et après le match. Et en Coupe, nous en prenons. Nous jouons devant 5 000 personnes et sans pression. Nous savons aussi que, contre des équipes professionnelles, nous avons plus de facilités à jouer. Ce n’est pas pareil contre des formations qui cassent les pattes. »


– Après Lorient, Sedan, ça doit vous rappeler des souvenirs (2) ?
« C’était à La Licorne à Amiens et nous avions fait un bon match. Nous revenons au score en fin de première période et nous explosons physiquement en seconde période. Je me rappelle d’un superbe stade mais d’une ambiance loin de celles que l’on a connues à Boulogne ou Lens. » « J’envie les Boulonnais qui jouent chaque match devant 5 000 personnes. »


– La Libération, c’est devenu votre jardin donc ?
« Je trouve que c’est un beau stade avec deux belles tribunes. J’envie les Boulonnais qui jouent chaque match devant 4 000 ou 5 000 personnes car c’est magnifique. Quand je vois un tel engouement, je me dis que le littoral doit avoir un club en Ligue 2. Que ce soit Calais ou Boulogne.  »


– Quel est votre avis sur cet horaire de match qui a fait tant parler toute la semaine ?
« Je préfère jouer à 18 h qu’à 14 h. Mais on va se préparer pour jouer à 14 h. Le problème, c’est au niveau de la préparation. Sylvain Jore a l’habitude de faire un entraînement la veille à l’heure du match pour nous mettre dans un rythme sur deux jours. Et là, à 14 h, nous ne pouvons pas le faire car la moitié de l’équipe travaille. »


– Avez-vous une appréhension particulière pour samedi ?
« Non, pas spécialement. Il faut se faire plaisir avant tout et après on verra. Sedan vient pour gagner. C’est ce que j’ai ressenti au tirage au sort. Ça va nous booster ! »


Propos recueillis par Yves-Marie CHOPART et Olivier FOSSEUX
Photo Jean-Pierre BRUNET
(1) Lors de la dernière assemblée, début décembre, Jean-Marc Puissesseau, président du CRUFC, et André Roches, président-délégué, ont publiquement exprimé leurs divergences. Une nouvelle AG, programmée le 29 janvier, élira un nouveau comité directeur.

(2) En janvier 2001, le CRUFC avait été éliminé par Sedan en 32es de finale (1-3).


Championnat L1

Samedi 22 novembre

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(19 h)

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