La Voix des Sports - 14/05/2007 |
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Saint-denis (envoyé spécial). – Ronald Zubar est resté longtemps prostré au sol, à l’issue de son tir au but, pendant que les Sochaliens couraient pour faire la fête à leurs supporters. L’image fut saisissante, car elle rappelait ce qu’avait dit un spectateur marseillais, une heure avant le coup d’envoi : « Ça fait quatorze ans que l’on n’a rien gagné. Pour nous, Marseillais, c’est très long. Ça parait même plus long qu’ailleurs… »
Sur la Canebière, on aime l’OM passionnément, à la folie mais jamais pas du tout. Ainsi à l’hystérie provoquée par les deux buts de Cissé (5e et 98 e) ou par l’arrêt de Carrasso sur Bréchet, succéda un grand silence dans le virage bleu et blanc. « C’est dur, on est tous très déçus. On a été tout le match dans le coton. Il faut tirer un coup de chapeau à Sochaux qui n’a jamais lâché », concéda le défenseur Julien Rodriguez.
En ouvrant le score rapidement, Marseille pensait certainement avoir fait le plus dur. Mais, inconsciemment, les hommes d’Albert Emon ont semblé se contenter de ce maigre avantage et se sont rapidement mis à le gérer.
Sochaux, emmené par un Leroy tonitruant, refit surface peu après l’heure de jeu. Le scénario fut similaire à 1-2. C’est Le Tallec qui, à quatre minutes de la fin, arracha une égalisation plutôt méritée (2-2, 116e). « Nous avons manqué de rigueur défensive, expliqua Samir Nasri. Sur le second but de Sochaux, le buteur se trouve au milieu de cinq Marseillais et il prend la balle de la tête. Nous gâchons aussi une balle de 1-3. »
La suite et la fin, c’est une loterie qui tourne en faveur de Sochaux, pour le plus grand désarroi de Pape Diouf : « C’est une défaite cruelle, nous avons manifestement perdu ce match au mental. Quand on mène au score en finale de la Coupe de France à six minutes de la fin en prolongation, on doit pouvoir aller au bout au mental. Je n’ai pas senti alors une défense farouche de notre part. »
En face, Alain Perrin, exultait, en mettant en avant les qualités de coeur de son groupe : « Pour moi, c’est pareil que si on avait battu une équipe plus forte que nous, comme Lyon, Paris… J’ai connu des satisfactions dans ma carrière, mais c’est quand même ma première ligne au palmarès, alors oui, ça a une saveur particulière. » Pour les supporters sochaliens aussi. Soixante-dix ans qu’ils attendaient cela…













