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La Voix du Nord - 20/03/2008
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COUPE DE FRANCE
Bordeaux - Lille : une coupe franche dans les ambitions
Au terme d’un triste match, Bordeaux a éliminé Lille de la course aux quarts de finale grâce à deux buts dans la prolongation
Dépité, Stephan Lichtsteiner semble chercher des réponses dans le regard d’un Nicolas Fauvergue impuissant. le LOSC passe à la trappe. Manque d’ambition ou simple passage à vide ? Toujours est-il que les Lillois n’ont pas pesé lourd, hier soir à Chaban-Delmas, où Bordeaux a patienté jusqu’au coeur de la prolongation pour arracher assez logiquement sa qualification (2-0). Pour les Girondins, la Coupe est un rêve qui dure. Pour Lille, c’est désormais le maintien qui constituera l’objectif principal de la fin de saison.

À BORDEAUX, PAR ANTOINE PLACER

sports@lavoixdunord.fr
PHOTO STÉPHANE MORTAGNE

Voilà, c’est fini. Les Lillois ont mis fin hier soir à Bordeaux à ce que l’on n’osera pas appeler une aventure en Coupe. Après avoir écarté les amateurs d’Avion (32e) et de La Duchère (16e, les joueurs de Claude Puel se sont inclinés à Bordeaux (deuxième

de L 1), en huitièmes de finale, au terme d’un match d’une infinie tristesse et après cent vingt minutes de jeu.

« Cruel », souligna Claude Puel après la rencontre. Peut-être, tant aucune des deux équipes n’a surclassé l’autre, hier soir, sur une pelouse bosselée qui n’a pas favorisé les grandes envolées.
Seulement, en pratiquant un turnover surprenant, avec la première titularisation de Cris Makiese mais surtout les mises au repos conjuguées de Mirallas, Lichtsteiner, Cabaye et Obraniak, Claude Puel avait clairement défini l’ordre des priorités de la semaine. Ainsi, le déplacement à Strasbourg, samedi, est le rendez-vous à ne pas manquer pour le staff lillois pour qui le maintien en L 1, même quasiment acquis, supplante tout.

Manque d’ambition

Ce matin, nombreux sont ceux qui s’étonneront de ce choix, et de ce qui peut apparaître comme un manque d’ambition en Coupe de France. On ne saura jamais si les vainqueurs de Caen (5-0), ou du moins certains, auraient eu les moyens physiques de faire mieux, mais on peut toujours poser la question.
Si la déception existait, hier soir, elle était davantage du côté des joueurs. Claude Puel préférait lui insister sur le fait que Lille « n’a pas été récompensé », et que ce match ne laisse « pas de regrets sur le fond ou la manière ». Il y a visiblement des échéances plus importantes d’ici à la fin de saison.
Une opinion que Xavier Thuilot, le directeur général lillois, semblait partager. Les joueurs, eux, constataient l’élimination. Déçu, Obraniak a d’ailleurs reconnu que « c’était un peu triste au niveau offensif », même s’il a souligné la solidité du bloc bordelais.
Lichtsteiner a poussé le bouchon plus loin : « On n’était peut-être pas à cent pour cent pour passer à Bordeaux. Ils étaient prenables.
Peut-être qu’on s’est un peu relâchés par rapport à la L 1, où on fournit beaucoup d’efforts. Je n’ai pas retrouvé notre agressivité, même si l’équipe était bien en place. » C’est surtout l’intensité qui a manqué au cours d’un match que les deux équipes ont traversé sur un faux rythme. Peu d’occasions, hormis la superbe frappe de Béria, en dehors de la surface et du pied gauche (73e), et une seule action un peu litigieuse : un accrochage de Marange sur Debuchy en pleine surface qui aurait pu être sanctionné par M. Duhamel (22e).
Les difficultés à trouver Frau ou Makiese ont pesé lourd, elles aussi, alors que le bloc lillois coulissait plutôt bien.

Tête somptueuse

Finalement, le KO s’est joué sur un coup de dés, et ce sont les remplaçants bordelais qui ont amené le jus supplémentaire : Fernando trouva la faille au coeur d’une défense amorphe (95e), tandis que Bellion acheva tout suspense d’une tête somptueuse (105e). Entre-temps, Fauvergue avait eu l’occasion de s’offrir une belle rédemption pour son retour mais par deux fois il manqua sa cible : Ramé repoussa sa première tentative (99e), tandis que Marange écarta la deuxième sur sa ligne (100e). Une fin de match un peu décousue qui ne change rien à l’affaire : pour Lille, la Coupe s’est définitivement envolée. •
 
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