La Voix du Nord - 23 mars 2006 |
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Vitré - Lille - Un vrai travail de pro
de notre envoyé spécial à Rennes, Stéphane CARPENTIER
Après Saint-Étienne et Lorient, le LOSC est à nouveau allé chercher sa qualification à l’extérieur. Les amateurs de Vitré ont fait les frais de la belle conscience professionnelle affichée par les Lillois. Car si sur le papier, les joueurs de Claude Puel partaient largement favoris face à une équipe évoluant au quatrième échelon national, ils n’ont pas pris leurs adversaires à la légère et ont ainsi évité le piège.Les dix mille supporteurs qui avaient fait les 35 kilomètres depuis leur petit chef-lieu jusqu’à préfecture rennaise, croyaient en effet dur comme fer en leurs chances, même si le fait d’évoluer dans un grand stade n’avantageait pas forcément leurs joueurs. L’enthousiasme des petits poucets bretons eut finalement tôt fait d’être refroidi. Tout de suite dans le vif du sujet, la jeune équipe alignée par Claude Puel marqua sur sa première occasion grâce à un magnifique geste de buteur signé Fauvergue. Dans un silence de cathédrale, l’attaquant originaire de Béthune propulsa le LOSC sur la bonne voie.
Sans trembler
Les Lillois faisaient circuler le ballon avec une facilité déconcertante, et, presque comme lors d’une séquence d’entraînement, firent plier une deuxième fois la défense vitréenne. Toujours dans un silence de mort, la reprise de volée de Dernis claqua dans le ciel breton, sonnant quasiment le glas des espoirs des amateurs. La belle affaire, après seulement vingt minutes, le LOSC voyait déjà très nettement s’éclaircir le chemin vers les quarts de finale.
Il ne fallait toutefois pas enterrer trop vite les Vitréens. Secoués par le deuxième but, les amateurs semblèrent seulement alors se lâcher enfin. À chaque attaque, le public se mettait à nouveau y croire, mais la défense lilloise faisait bonne garde, à l’image du jeune Peter Franquart, titularisé en défense centrale, qui rattrapa en force David alors que celui-ci filait seul au but (32e). C’était ensuite au tour de Malicki de montrer sa solidité sur un coup franc de Cabioch (40e), la première frappe cadrée des Vitréens du match. Malgré le courage de leurs adversaires, les Lillois tenaient le choc sans trembler, et auraient même pu prendre encore plus le large dès le retour des vestiaires sur une frappe de Dernis qui s’écrasa sur le poteau (49e ).
Dix ans d’attente
Dommage, car le sort de la partie aurait été dès lors plié. Au contraire, les amateurs s’enhardirent encore un peu plus après cette alerte, obligeant Franquart, encore lui, à sauver la boutique une nouvelle fois devant David (56e). Cela n’empêcha pas Claude Puel d’en profiter pour tester un nouveau schéma tactique. Avec l’entrée de Debuchy, le coach recentra Gygax, plutôt transparent jusque-là, alors qu’Aboucherouane, qu’on n’avait plus vu depuis la défaite à Nice en championnat, début février, était désormais chargé d’animer le flanc gauche de l’attaque à la place de Mirallas. Dans cette nouvelle configuration, le LOSC continua à maîtriser son sujet. Au fil des minutes, l’énergie des Vitréens ne faiblit pas, mais elle était désormais guidée par le seul espoir de sauver l’honneur. Appliqués jusqu’au bout, les Lillois ne laissèrent pas ce bonheur à leurs adversaires et se permirent même de gâcher une énorme occasion par Gygax (87e), décidément hors du coup hier soir.
Toujours bien placés en championnat, les Lillois peuvent aussi continuer à rêver de séduire « Dame Coupe », même si les rivaux encore en course sont sérieux, ou au moins faire mieux qu’il y a dix ans, lorsqu’ils se firent éliminer lors de leur dernière participation aux quarts de finale par Marseille.












