La Voix du Nord - 11/04/2006 |
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Calais - Nantes - Landreau - Becque, les vraies fausses retrouvailles
par Olivier FOSSEUX
Il y a pratiquement six ans, le 7 mai 2000, la France entière avait été émue par le geste de Mickaël Landreau. Alors âgé de 22 ans, le capitaine du FC Nantes, quelques minutes après le penalty victorieux d’Antoine Sibierski (2-1), était allé chercher Réginald Becque qui portait le brassard calaisien. Ensemble, sous les yeux de Jacques Chirac et d’un Stade de France surpris, les deux hommes avaient alors soulevé le trophée. Une première dans la plus illustre des compétitions françaises.L’image avait fait, au moins, le tour de l’Hexagone, éclipsant au passage celle du plongeon d’Alain Cavéglia. « J’estime que le football est avant tout un moment de fête, de partage. La Coupe de France est toujours un grand souvenir pour les joueurs et ce geste était symbolique. Car cette Coupe est le lien entre le monde amateur et le monde professionnel », explique, six ans plus tard, Mickaël Landreau.
Un geste signé Landreau
Finalement, c’est naturellement que le gardien des « Canaris » avait sollicité le défenseur calaisien qui, lui aussi, se souvient : « Je pense que tout le monde a encore en mémoire cette photo. Elle est incroyable car personne ne pouvait l’envisager. Mickaël a eu, seul, la démarche. Il l’a fait et je suis encore convaincu aujourd’hui qu’il n’y a pas beaucoup de professionnels qui auraient fait ce geste. » Dans les minutes qui ont suivi, Mickaël Landreau partagea aussi avec ses équipiers la joie d’avoir gagné la Coupe de France. « Pour nous, ça reste un grand souvenir. D’ailleurs depuis le tirage au sort, il y a deux semaines, on repense à toutes ces images, même si l’on sait que ce sera un tout autre match. » Puis, il échangea tout de même ses coordonnées avec Réginald Becque. Car il y eut une suite à leur relation. « Il ne faut pas croire que l’on s’appelle toutes les cinq minutes. On a commencé par se passer quelques coups de fil, s’envoyer quelques mails », raconte le Calaisien. « Et puis, quand il vient dans le Nord jouer avec le FC Nantes, je le taxe de quelques places pour aller lui dire bonjour après le match. » Réginald Becque avait un désir enfoui au plus profond de lui-même. Il souhaitait rejouer au moins une fois contre Mickaël Landreau. Le sort permit au Calaisien de rencontrer deux autres équipes de Ligue 1 (Sedan et Auxerre) mais pas Nantes. « À chaque tirage, je croisais les doigts mais bon ça ne s’est pas fait. Je demandais aussi leurs résultats, comme pour faire un clin d’oeil au passé. »
Becque console
À la fin de la saison dernière, Réginald Becque a rangé les crampons sans la moindre amertume et n’a pas mis de côté l’amitié qui le lie au Nantais.
Il était ainsi allé lui remonter le moral au soir d’un huitième de finale perdu à Boulogne-sur-Mer. Et, il y a dix jours, pour la première fois, il a vu Landreau en dehors d’un stade. « On a mangé ensemble à Nantes. C’était un agréable moment. C’est vraiment un professionnel pas comme les autres. À Nantes, c’est le joueur le plus sollicité. Il est très disponible, ne se prend pas la tête. » Mickaël Landreau lui rend aussi un hommage : « Cette finale nous a rapprochés et j’ai toujours suivi les résultats de Calais. J’apprécie Réginald qui est resté simple et respectueux. C’est aussi une joie de revoir le public calaisien, atypique et qui a le coeur sur la main. » Pour l’heure, les deux hommes n’ont rien prévu pour mercredi prononçant, à 600 kilomètres d’intervalle, le même discours : « Il y a d’abord un match. On se verra sûrement après. » Un break de deux heures dans une amitié, ce n’est pas trop long et il alimentera certainement de nouvelles conversations...












