La Voix du Nord - 13/04/2006 |
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Calais - Nantes - Tellement cruel pour Calais
par Olivier FOSSEUX
Jusqu’au bout, on fera la comparaison entre l’épopée 2000 et l’aventure 2006. Comme il y a six ans, Calais a cédé devant Nantes dans les dernières secondes d’un match qu’il a longtemps pensé à sa portée. Mais avant cette fin cruelle, les Calaisiens ont porté haut les couleurs de leur maillot.C’est beau 25 463 spectateurs qui crient ensemble « Allez Calais ». Les joueurs du CRUFC sont certainement sortis des vestiaires de Bollaert avec un énorme frisson le long du corps. Impossible de ne pas être sensible à cette énorme déclaration d’amour réservée par le public calaisien.
D’ailleurs, le CRUFC ne le fut pas en attaquant ce quart de finale pied au plancher. Les Calaisiens, sans complexes, remontaient le terrain en enchaînant les passes et effectuaient un pressing très haut. Seule la défense fut plus longue à se mettre en route, bafouillant notamment ses relances. Elle passa ainsi à travers sur un coup franc de Savinaud repris de la tête, à six mètres, par Cetto. Heureusement, Schille était bien placé sur sa ligne (10e ). L’occasion nantaise ne freina pas les ardeurs calaisiennes.
Calais se fait peur
Avec Marque et Millien, très actifs au milieu du terrain, et un Hoguet, particulièrement bien inspiré en attaque, Calais se rapprochait de la zone de Landreau. Une reprise de volée de Marque fut ainsi déviée en corner par Fae alors que Landreau avait déserté son but (20e). Et Calais poussait.
Boutoille accéléra dans l’axe et décala sur le côté gauche Rollet. L’arrière du CRUFC, reconverti ailier, vit son centre dévié par Cetto. Landreau sauva les siens d’une claquette (31e). Sur le corner, le gardien nantais passait au travers. Hoguet, au second poteau, réussit sa reprise mais celle-ci fut enlevée du cadre par une jambe adverse. Les professionnels nantais venaient d’avoir très chaud. Calais ne lâchait rien et rivalisait avec les « Canaris ».
Mais Sylvain Jore l’avait répété, « ce match se jouerait sur des détails ». Le CRUFC géra avec moins de conviction les trois minutes précédant la pause et se fit peur. Oliech sortit de sa retraite pour filer au but et écrasa sa frappe à l’entrée de la surface de réparation (44e).
Dans la foulée, Schille sortit un corner d’une claquette et la reprise d’Oliech fut dégagée par Bouzin (45e + 1).
Calais pouvait être fier de sa première période. Une question s’imposait alors. Le CRUFC allait-il avoir autant de répondant après la pause ? La réponse ne tardait pas. Dans le domaine aérien, la défense s’imposait encore en repoussant deux corners (47e). Sur le contre, Hoguet fut rattrapé in extremis par Signorino (49e). Les derniers pessimistes étaient maintenant conquis. Calais pouvait largement prétendre à une place en demi-finale.
Nantes semblait complètement anesthésié, sans solutions devant ces chiens de Calaisiens, prêts à mordre sur le moindre ballon.
Et soudain, Da Rocha...
Les Nantais en arrivaient même à utiliser des méthodes peu chevaleresques pour s’imposer. Ainsi, Rossi, dans le dos de Thierry Auriac, l’arbitre, mit un coup à Baron (66e). L’attaquant nantais, déjà averti, fut sorti dans la foulée par... Le Dizet. Alors, certes, Nantes était fragile. Mais si les professionnels ne se créaient pas d’occasions, Calais non plus. Boutoille tira sur Landreau (72e). Marque dévissa sa frappe à l’entrée de la surface (76e).
Calais baissa alors d’un ton dans l’engagement. Les entrées de Glombard et de Capoue donnèrent une autre allure au jeu nantais. Cette rencontre très équilibrée allait finalement basculer sur un exploit personnel. Da Rocha n’hésita pas une seconde quand il vit ce ballon arrivé devant lui, aux vingt mètres. Schille était battu (0-1, 88e). Calais sortait de la Coupe avec un énorme goût d’inachevé dans la bouche. Comme en 2000...












