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La Voix du Nord - 11/02/2007
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La nuit de tous les contrastes

 Les «burns», ces assourdissants dégagements de fumée, attirent toujours autant de curieux.PHOTO PHILIPPE PAUCHET Hier soir, les fanas de motos s’apprêtaient à passer une nuit blanche, au camping créé pour l’occasion et imposé par la ville depuis deux ans. Les soirées typiques dans la pinède font donc définitivement partie du passé. Et cela déplaît à beaucoup de fêtards qui s’estiment « parqués », loin du centre-ville.


Le bruit est si assourdissant que certains ont recours a des boules de coton pour atténuer la douleur. Un bien maigre rempart face aux burns  qui attirent à tous les coins du camping des spectateurs curieux. Burns ou comment créer des nuages de feu s’échappant des pots des motos.


« C’est un grand classique, rigole Ludovic, 26 ans, qui a ramené de Lorraine et pour la deuxième année consécutive un moteur de 205.


Je n’ai pas emmené ma moto, alors je fais des “burns” avec ma machine. J’y mets de l’huile de vidange. Normalement, c’est sans danger. » Le Lorrain met en marche son improbable amas de ferraille. Un nuage orangé illumine aussitôt les visages des autres spectateurs. Beaucoup immortalisent la scène avec leur téléphone portable. Un grand classique… L’ambiance plaît beaucoup à la famille Pecqueur confortablement installée. Les trente membres de cette petite communauté n’ont pas raté un Enduro depuis 20 ans.

Fêtards et organisés

Et quand ils se déplacent pour faire la fête, ils mettent les moyens. Dans le camping créé spécialement au parc hippique et imposé par la ville pour éviter l’occupation de la pinède, les Pecqueur sont à l’aise. Sous leur tonnelle, ils sirotent un apéritif. « Et puis ensuite, ce sera tartiflette. Hier, c’était tripes », lance un solide représentant de la fratrie. « Mais on était quand même mieux dans la pinède , regrette Christian, 42 ans. Ici, on est « parqués », loin du centre-ville. Vous avez vu ces conditions d’hygiène ? C’est déplorable. » Les pieds dans la boue, les campeurs éprouvent bien des difficultés à circuler dans cet espace prévu pourtant pour être plus convivial et confortable. Betty, 17 ans, porte des vêtements éclaboussés par la boue, mais elle s’en moque. « On s’amuse et c’est l’essentiel.


 » Dans sa caravane, Jean-Philippe Paco, qui court aujourd’hui sous le dossard 640, ne s’en moque pas du tout. Sa femme termine de mettre en pyjama ses six enfants. En quinze ans, il a vu l’événement se métamorphoser. « Aujourd’hui, les soirs d’Enduropale, c’est beuverie et compagnie. Lorsque nous étions dans la pinède, il y en avait pour tous les goûts. À l’hippodrome, les conditions ne sont vraiment pas idéales pour les familles. » Mais quand la passion des deux-roues vous tient…

Pendant ce temps, au Westminster…

À un peu plus de deux kilomètres de là s’étale la rue Saint-Jean, artère festive par excellence, et bien plus praticable ! À 20 h, les restaurants sont bondés. Et quelques rares passants cherchent encore une bonne table.
Pendant ce temps, un dîner de gala débute au très select Westminster, l’un des hôtels quatre étoiles de la station. En faveur de l’association Laurette-Fugain, qui lutte contre la leucémie, une centaine de convives « haut de gamme » s’apprêtent à passer à table. Enduropale du Touquet, terre de contraste.


OLIVIER MERLIN

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