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La Voix du Nord - 11/02/2007
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ENDUROPALE
Pilotes étrangers : David Knight et les chevaliers sans fiel ?
 L’Anglais David Knight, champion du monde d’enduro, sera l’une des attractions de la journée. Onze Russes, des Grecs, un Portugais, un Hongrois… 18 nationalités au départ : l’Enduropale s’élance cette année avec 25 % d’étrangers en plus, parmi lesquels des pilotes de renom. Mais, hormis, peut-être, le colossal enduriste anglais David Knight, pas un pour mordre dans le sable d’Opale comme les spécialistes français. Les grands crossmen, eux, ne s’y risquent plus.

PAR SANDRINE ARRESTIER

sports@lavoixdunord.fr
PHOTO PHILIPPE PAUCHET

Stefan Everts au Touquet ? Chez Yamaha France, Alexandre Kowalski en a rêvé. Mais les roues du Belge, plus beau palmarès du motocross mondial (10 titres) n’ont jamais troublé le sable du Touquet. Les crossmen étrangers ont pourtant fait les beaux jours de l’Enduro : le légendaire hollandais volant Van Der Ven (5 fois vainqueur), le Belge Jobé, quintuple champion du monde de cross, ses compatriotes Geboers (triple vainqueur), Malherbe, Van Velthoven, le Suédois Carlqvist, vainqueur en 1979, l’année de son titre mondial 250...


Mais depuis une bonne dizaine d’années, plus rien. La dernière victoire étrangère remonte à 1993, avec le Belge Delépine. Maintenant que la course a retrouvé sa voie, ses organisateurs misent à nouveau sur l’internationalisation pour la renforcer. Ils ont créé des prix (760 € au premier étranger) et fait leur pub via des agences de communication. Coûteux mais efficace : 141 pilotes, presque 15 % de la meute, sont étrangers.

Les spécialistes

On y trouve des talents, l’Espagnol Isidre Esteve Pujol estampillé « Dakar », ou encore le champion junior russe Milhailov. Mais si la magie du Touquet tient aussi à sa part de chance, pas un ne semble en mesure de déboulonner Potisek and co. « Mais ça met du piment  », estime Joël Pierrache, patron du moto-club de Pecquencourt. Pascal Tomek, directeur des ventes chez Ipone, reconnaît, lui, sans détours que les pilotes du team international engagé pour la première fois par le leader français des lubrifiants (dont Esteve Pujol) « ne gagneront pas ». Ipone investit pourtant 50 à 100 000 €, comptant sur la notoriété de l’épreuve pour développer ses exportations.


« Un Esteve Pujol va avoir du mal, notamment dans les trous », confirme Thierry Béthys, crossman aguerri, passé du sable du Touquet à celui d’Afrique. Lui-même, pourtant triple vainqueur, risque de souffrir dans la dernière heure, « Dakar » encore trop frais. Au retour du rallye-raid, un Peterhansel ne s’est jamais mêlé à la lutte finale. Masse unique de pilotes, parcours qui se creuse au fil de trois heures de course éprouvantes, gestion du carburant, des panneauteurs, l’Enduropale doit s’apprivoiser. « C’est devenu une course de spécialistes », relève Alexandre Kowalski dont les pilotes (Demeester, Paget) marnent depuis l’automne. Un pilote de grands prix qui vise un titre mondial ne peut en revanche pas passer des mois à faire des ronds dans le sable. Pour ses accros, l’Enduropale est l’aboutissement d’une saison ; celle des grands prix débute en mars. Pourquoi la risquer au Touquet alors que la prime d’une couronne mondiale de motocross vaut vingt fois celle du vainqueur touquettois (4 600 €) ? Enjeux sportifs et financiers divergents.


Il en est un toutefois qui pourrait pousser son garde-boue dans le top 5 : David Knight, 27 ans, Anglais. Champion du monde d’enduro, tête de pont de KTM. le pilote de l’île de Man est polyvalent. Son pilotage est rapide et fin, son physique celui d’un bûcheron. Si son doigt fracturé le laisse en paix, s’il a appris de son apparition de 1999 (chute sur un attardé), le chevalier – la traduction de son nom – déversera un peu de fiel sur la plage.


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