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La Voix du Nord - 11/02/2007
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DYNASTIE
La devise des Potisek : « Travaille, travaille, travaille, et tu verras »
 Rudy, Aurélie, Marie-Annick, Timotei, Inès et Mattei Potisek réunis à trois jours de la course. « La principale qualité de mes frères, c’est d’être mes frères ». Pour paraphraser le vainqueur de l’Enduropale 2006, la solidité de la fratrie de motards casselois ne s’explique pas. On grandit avec, parce qu’on a pris ensemble les chemins de traverse, partagé les même frissons de gosses. Et l’air de rien, sous des dehors dillettantes, parce que Timoteï, Sergeï et Matteï Potisek ont bossé d’arrache-pied.

« Alors Poulidor ? T’es prêt ? ». De Matteï, 23 ans, à son jumeau Timoteï, l’an passé, au Touquet. Qui aime bien chambre bien. Entre les frères, la pratique existe depuis que leur monde est monde. Mais Matteï et l’aîné Sergeï ont été les plus heureux des hommes quand leur frère a coupé la ligne de l’Enduropale en tête. « Mes trois fils ont un esprit conquérant », glisse Rudy Potisek. Au poker, aux échecs, à la belote...

Tout est prétexte à la compétition, à l’abri de la fermette flamande de Cassel où les frangins ont fait leurs premières armes à moto.
De surcroît, « Tim » n’aime pas perdre. Alors, en cas de revers, fuse la vanne. « Dix secondes après, c’est oublié », convient le plus titré des jeunes jumeaux, qui défendra son titre avec fougue sur le sable touquettois. Car ce qui fait la force du trio, soudé dans sa diversité, c’est aussi – et surtout – sa capacité à lâcher du lest. « On n’a pas de pression familiale particulière. On donne le meilleur. Après, le résultat...
» Évidemment, un trio de tête 100 % Potisek aurait de la gueule.

Adulte

La question dérange un tantinet Matteï : « On me la pose trois fois par jour en ce moment. Si "Geï" (Sergeï) et moi rentrons dans les dix, ce sera déjà pas mal. » L’étudiant en chirugie dentaire ne conteste pas l’hégémonie des pros : « Moi, je fais du sport une heure par jour après les cours depuis le mois de décembre. Je roule vendredi, samedi, dimanche. je me prépare autant que possible.
» Voici Matteï la force tranquille, le « besogneux », disent ses parents, admiratifs devant son abnégation. Le comportement de leur benjamin colle à une philosophie pragmatique de la vie : « Travaille, travaille, travaille et tu verras.
» C’est le leitmotiv de Marie-Annick Potisek. Le mot d’ordre qui a conduit ses rejetons, accros au poney-club, à devenir « excellents cavaliers » dans leurs vertes années. L’adage qui amène tranquillement Sergeï, 25 ans, – « le plus élégant des trois sur une moto » dixit son père – à la maturité. Timoteï, le fougeux de la troupe, le meneur, a de longue date arrêté de grimper sur les toits (à 3 ans), de remonter le terrain de cross de Cassel à bord du 4x4 de son père en compagnie de ses cousins et amis (avec dix ans de plus), d’allumer des feux dans la grange familiale. Les trois frères ont fini de se tirer la bourre. Ce sont de grands bonshommes : « Ils attrapent un âge où l’on devient vraiment adulte », observe Marie-Annick. « Et franchement, ajoute Rudy, ils ont l’air heureux. » t
MARC LE TELLIER


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