La Voix des Sports - 12/02/2007 |
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Bain de foule et vent de folie sur le sable du Touquet
Le grand rendez-vous annuel du Touquet n’a rien perdu de son caractère épique. Les deux cent cinquante mille spectateurs massés sur le long des digues se souviendront longtemps de cet Enduropale, deuxième du nom.
Grisée par une météo digne des quarantièmes rugissants, la course fut riche en rebondissements. À l’arrivée, la plus grande épreuve de moto du monde ne pouvait que s’enorgueillir d’avoir ouvert une nouvelle fois sa voie à l’un de ses plus fidèles serviteurs. Arnaud Demeester, vainqueur pour la sixième fois, nouveau record absolu, entre ainsi définitivement dans la légende.
Pourtant, ce roi du Touquet n’était pas du tout certain de remonter sur son trône. L’inexorable ascension de son jeune rival, Timoteï Potisek, laissait en effet prévoir un duel acharné. Sans oublier d’autres vrais spécialistes de la discipline, comme Moussé, Béthys, Paget ou Deudon, prêts à profiter de la moindre défaillance d’un des deux cadors.
Lorsque les mille pilotes s’élancèrent sous une pluie battante, les rafales de vent qui soufflaient sur le circuit ne balayèrent pas les incertitudes.
Rapidement, on put toutefois s’apercevoir qu’il faudrait compter sur Yves Deudon. Battu d’extrême justesse dans la course à la première ligne droite, l’Avesnois hissa sa Kawasaki en tête pendant la première demi-heure de course.
Pendant ce temps, un ténor était déjà hors course. Le Touquettois Jean-Claude Moussé, 35 ans, qui s’était préparé comme un jeune homme pour espérer gagner une troisième fois dans sa ville, chuta dès le premier tour. Il ne s’en relèvera pas.
Devant une foule ébahie par le spectacle surnaturel d’une épreuve disputée dans des conditions dantesques, Timoteï Potisek prit alors le commandement. Après un départ complètement raté, le jeune pilote Honda venait de montrer qu’il était le plus rapide, d’autant que derrière lui, Demeester pointait à plus d’une minute. « Tim » le fougueux semblait bien parti pour s’adjuger son deuxième succès consécutif, d’autant que derrière, la Yamaha de Demeester ne parvenait guère à lui grappiller beaucoup de temps.
Mais s’il faut nécessairement du brio et du talent pour conquérir l’Enduro, il faut aussi un brin de chance et une attention de tous les instants.
En une fraction de seconde, les espoirs de Timoteï Potisek s’évanouirent dans le ciel de la Côte d’Opale. Après 1 heure 45 de course, sa machine, touchée après un accrochage avec un concurrent attardé, allait définitivement caler. La pluie avait cessé et Arnaud Demeester allait donc profiter tout seul de l’éclaircie. L’horizon était désormais dégagé pour celui qu’on surnomme à juste titre « Sandman ».
Impitoyable homme des sables, Demeester ne fut dès lors plus vraiment menacé, même si, derrière lui, Yves Deudon confirmait son potentiel énorme en s’accrochant à une très belle deuxième place. Et tandis qu’il acclamait le futur vainqueur à chacun de ses passages, le public eut aussi le droit à une vraie bagarre pour la troisième place.
Car au Touquet, un court séjour sur le podium se déguste comme s’il durait une éternité. Déjà troisième l’an dernier, le Franco-Suisse Pierrick Paget récidiva en plaçant sa Yamaha juste devant la Honda de Thierry Béthys.
Après avoir fait souffler, eux aussi, un vent de folie sur la course, les héros avaient bien mérité leur bain de foule.















