La Voix des Sports - 12/02/2007 |
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Son champion de fils la serre dans ses bras. M
Cette fois, ça y est. Douze ans après sa première victoire, en 1995, où il fut le premier Ch’ti à s’imposer, le Dunkerquois de 33 ans voit le bout de sa quête entêtante : le record de Kees Van der Ven, cinq fois vainqueur de 1982 à 86, est tombé. Enfin. Arnaud Demeester trône seul désormais, au firmament du Touquet.
Son numéro fétiche, le 6, dossard échangé avec David Hauquier, lui a porté chance une quatrième fois. 6 comme six victoires, un symbole. Alors, le pilote Yamaha n’en finit plus de décliner sa joie. « Je suis le plus heureux des hommes, c’est le plus beau jour de ma vie. Je rentre dans la légende du Touquet. Le Touquet, c’est le seul truc que je voulais, cette sixième victoire, le seul objectif de ma carrière. C’est un aboutissement, c’est… génial ! C’est pour toutes les fois, où j’ai eu ma part de malchance. » Cette fois encore, elle rechigna à s’effacer. Cet automne, un bilan de santé, après un gros volume à Loon-Plage, révéla une mononucléose. « J’ai eu un hiver très difficile avec de gros, gros moments de doutes, reconnaît Demeester, qui avait tu ce virus. Quand tu ne gagnes pas les courses que tu gagnes d’habitude, c’est dur. Je n’arrivais pas à m’entraîner normalement, je me disais : “Peut-être que je deviens vieux”. Mais il y a trois semaines, j’ai refait une prise de sang, c’était fini. Ça m’a redonné le goût. J’y croyais. » Il a bien fait. « Arnaud, c’est un très grand travailleur », souligne Jean-Claude Olivier, son mentor, coincé à Paris par une grave blessure, auquel le héros dédia sa victoire. « C’est un grand moment de bonheur dans ces moments de peine », confie le boss de Yamaha France qui le recruta, en 1992, après l’avoir repéré à Berck.
Demeester, consonance flamande, « JCO » le prit pour un Belge. « J’ai voulu connaître celui qui m’avait dépassé avec tant de dextérité, je me suis dit : voilà un amoureux du sable, un Français. » La marque bleue ne le lâcha jamais, même au creux de la vague, quand après trois victoires en quatre ans qui lui valurent son surnom de « Sandman », le succès se déroba trois ans durant, puis à nouveau entre ses quatrième (2002) et cinquième levées (2005). L’an dernier aussi, il rongea son frein. Mais cette fois, c’est Potisek qui abandonna. « Je ne sais pas, ce qui se serait passé sinon. Tim apprendra que Le Touquet n’est jamais gagné avant la fin. » Son Graal décroché, que fera Demeester qui s’était fixé 35 ans comme limite ? « Je ne sais pas. J’en discuterai à tête reposée. Là, j’ai envie de savourer. Les gens ne peuvent pas imaginer ce que j’ai enduré, tous ces mois à ne faire que ça. Peut-être que je reviendrai sans pression, pour le plaisir. » Le sable du Touquet, de toute façon, porte sa trace.















