La Voix des Sports - 12/02/2007 |
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Il se sentait fort, très fort, Timoteï Potisek. Lui qui avait fini en vainqueur devant Arnaud Demeester lors des trois dernières courses disputées sur sable à Loon-Plage, Grayan et Hossegor, nourrissait l’espoir légitime de remporter son deuxième Enduro d’affilée.
Mais dans le clan Honda de la famille Potisek, qui alignait ses trois fils sur la ligne de départ, l’après-midi ne tarda pas à se montrer aussi maussade que la météo. Ainsi, Mateï, le frère jumeau de Timoteï, qui rêvait de se hisser dans le top cinq, stoppa sa course au bout de quelques mètres seulement après la ligne de départ à cause d’une défaillance du sélecteur de vitesse. « Cela fait deux mois que je me couche à neuf heures et demie du soir, que je fais deux heures de sports par jour et que j’embête ma copine avec tout ça, et le jour de la course je fais 25 mètres. C’est nul, c’est ridicule. »
Mateï Potisek, les yeux mouillés par la détresse, pouvait maudire ce fichu dossard 13 qui ne lui avait guère porté bonheur. « Pour que je sois heureux, il faudrait que Tim gagne mais avec quinze tours d’avance » lâcha-t-il, en se réjouissant quand même de la place de leader que son jumeau était alors en train de défendre. Car malgré l’échec de Mateï, le clan Potisek pouvait alors encore compter sur Tim, mais aussi sur Sergeï, l’aîné, lui aussi en course avec l’objectif de finir dans les dix premiers. Mais alors que Timoteï semblait s’envoler vers le succès, une annonce glaça les mécanos : « Panne pour Timoteï. La course est finie pour lui. »
En effet, quelques minutes plus tard, le dossard numéro un se fraya un passage tout en poussant sa moto pour parvenir jusqu’à son assistance. Ni en colère, ni triste, il sait tout simplement que pour lui « c’est cuit ! ». « Ma course avait très mal commencé, car je suis tombé sur la ligne de départ. Mais j’étais bien revenu et je pensais vraiment que la victoire était pour moi car j’étais le plus rapide et la moto était parfaite. Et puis j’ai tapé sur un attardé, pas très fort, mais suffisamment pour percer le radiateur. C’est comme ça, c’est la course, cela ne sert à rien de se lamenter, j’essaierai de revenir plus fort l’année prochaine. »
Plutôt philosophe face à ce coup de malchance, Timoteï Potisek ne tarda pas ensuite pour filer prendre une bonne douche. Il ne vit donc pas la fin de la course et son frère aîné, Sergeï, arracher une belle sixième place, sauvant ainsi l’honneur d’une famille qui vit à l’unisson sa passion pour la moto. Après la course, Rudy, le père, cherchait toujours des explications à la panne qui a stoppé Timoteï dans son élan : « Il y avait un tout petit trou dans le carter de pompe à eau, trois millimètres à peine, c’est minuscule mais cela a suffi pour tout anéantir. Normalement, cet endroit du moteur est protégé, mais nous n’y avons pas veillé assez rigoureusement, c’est une grosse erreur de notre part car nous aurions pu éviter ce coup du sort. »
Ce n’est en tout cas pas ce jour de poisse qui empêchera la sympathique famille Potisek de continuer à rouler des mécaniques dans le petit monde du moto-cross.












