La Voix des Sports - 05/02/2007 |
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Vainqueur de l’épreuve en 1997, six fois sur le podium, le Cambrésien David Hauquier effectuera son dernier tour de piste le 11 février prochain. Avec son départ, c’est une page des plus grands duels sur le sable touquettois qui se tourne.
– David Hauquier, que représente pour vous l’épreuve touquettoise ?
« Lorsque j’étais gamin, j’allais la voir chaque année. Lorsque j’y ai participé pour la première fois, en 1987, c’était déjà l’aboutissement d’un rêve. Cette première expérience me donna d’ailleurs confiance, car j’y finis 25e. »
– Mais vous avez dû patienter dix ans avant de l’emporter… « En 1988, 1989 et 1990, je n’ai fait que deux tours de circuit, moteur cassé. »
– Vous ne vous êtes pas découragé ?
« En 1991, la course fut annulée en raison de la guerre du Golfe. Et en 1992, je finis sixième. Ce fut un déclic pour moi.
En 1993, je suis quatrième et premier Français et en 1994, alors que j’avais gagné toutes les autres courses sur sable, je fais deux, en perdant de justesse devant Jérôme Belval. »
– Vint alors l’ère des duels sans pitié avec Arnaud Demeester… « Arnaud a un caractère impulsif, c’est un gagneur. C’est vrai qu’entre nous deux il y a eu de grosses tensions, et, sur le moment, je ne n’ai pas toujours très bien vécu cette agressivité. »
– Vous lui en voulez ?
« Non, pas du tout. Avec le recul, je le remercie même d’avoir su donner du piment à notre rivalité. C’était une vraie bagarre, ça excitait tout le monde et c’était bon pour la notoriété de la course. »
– Certains secteurs du circuit étaient carrément chauds bouillants !
« Dans les coins où ça bouchonnait, chaque favori avait ses hommes de main pour l’aider à lui forcer le passage. A partir de 2000, cette situation est devenue carrément problématique, car cela durait pendant huit ou neuf tours. Alors certains pilotes passaient sur les côtés. Arnaud (Demeester) l’a fait et ce n’est pas sa faute s’il n’a pas été sanctionné. A l’arrivée, c’est lui qui avait raison d’avoir tenté le tout pour le tout. »
– Aujourd’hui, on ne passe plus dans les dunes et il n’y a plus d’embouteillages.
« Depuis deux ans, le nouveau tracé a eu le mérite de faire perdurer l’Enduro. Mais c’est clair que lorsqu’on a roulé sur l’ancien circuit, il y a aujourd’hui moins de plaisir pour le pilotage. »
– Dans une vie, qu’est-ce que ça change de gagner l’Enduro ?
« Quand on commence à être sur le podium, c’est déjà bien, des partenaires s’intéressent à votre challenge. Après une victoire, on devient carrément une personnalité demandée, cela permet de rencontrer énormément de monde et cela ouvre des portes. Gagner un “Touquet”, ce n’est pas comme gagner une simple épreuve de moto-cross, qui n’intéresse que les spécialistes. L’Enduro, c’est si populaire… » – Aujourd’hui, seuls des pilotes régionaux ou presque peuvent viser la victoire, est-ce un handicap pour l’épreuve ?
« C’est super pour nous d’avoir des pilotes issus de la région au dessus du lot, mais c’est clair qu’on peut regretter l’époque où venait le gratin international de moto-cross. Voir des amateurs se frotter à des champions du monde, ça avait de la gueule, c’était magique. »
– Pourquoi ces pilotes ne viennent-ils plus ?
« Parce que ce sont des pros et que pour eux Le Touquet est devenu une course trop risquée par rapport à la dotation financière (NDLR : 5 000 euros pour le vainqueur). Maintenant, pour avoir des pros sur une course, il faut mettre plus d’argent. »
– Vous n’avez que 36 ans, c’est vraiment le dernier Enduro pour vous ?
« J’ai encore la technique, mais je ne roule plus assez pour être suffisamment fort physiquement. »
– David Hauquier ne gagnera donc pas un deuxième Enduro ?
« Cela fait longtemps que je ne crois plus au père Noël ! Cela n’empêche que je vais savourer chaque instant de cette dernière course, tout en comptant sur la présence de mes fidèles supporteurs, à commencer par ma famille. Je penserai très fort à mon père, qui est si déçu que je joue plus les premiers rôles. »















