La Voix des Sports - 05/02/2007 |
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Il y a un an, le premier Enduropale encore chaud, Marc Jeansou estimait que la plus grande course sur sable au monde était « définitivement repartie ». Dans la dernière ligne droite de la préparation de la deuxième édition, le directeur de l’épreuve, et président de la Ligue motocycliste des Flandres, confirme sa première impression.
Après deux années de remous – la première en 2005 où la Ville, la Fédération française motocycliste (FFM) et son « bras armé » régional, relevèrent le gant de l’Enduro dans l’urgence de la défection d’ASO, trois semaines avant le départ, la seconde pour tester une nouvelle formule, débarrassée de tout passage dans les dunes – la parenthèse est refermée.
La liste des concurrents affiche de nouveau complet. Quant à la course de quads, qui fête ses dix ans, elle poursuit son expansion.
– Marc Jeansou, l’épreuve est-elle désormais pérennisée ?
« Sportivement, oui, elle est pérenne. C’est reparti plein pot. En motos, on est reparti comme avant avec près de mille motos (991 contre 900 l’an dernier) avec une augmentation du nombre de pilotes étrangers. On a désormais 17 nationalités dont certaines n’étaient jamais venues. On a le champion de Russie de motocross, des Grecs, 15 Hollandais, 27 Anglais, autant d’Italiens…
Le maire du Touquet (Léonce Deprez ) souhaitait, et nous aussi, internationaliser la course. On a instauré des primes spéciales et mis en place une action à l’international. Un peu comme pour le Dakar, on est passé par des boîtes privées qui ont fait de la pub pour nous. Ç’a très bien marché, c’est tout à fait positif, même si ça nous coûte un peu d’argent.
Quant aux quads, qui sont en expansion depuis trois ans au niveau national, les inscriptions ont été bouclées en un mois ! On avait 250 concurrents l’an dernier, on en aura cette fois 350. La FFM a modifié ses règles techniques lors de son dernier congrès. Au lieu d’un départ type Le Mans, elles autorisent un départ par vagues. On aura 7 vagues toutes les 30 secondes, sans essais le matin.
Pour la sécurité et l’ordre public, le maire a repris son bâton de pèlerin et fait le tour des ministères. Il a obtenu la même chose que l’an dernier, soit 11 unités mobiles, ce qui est une excellente chose. “Léonce” est reparti comme en 14 ! Quant au président du Conseil général, il a précisé lors de la présentation que c’était une épreuve pérenne, appartenant aux grands événements du département. Pour l’organisation, pas de problème, on a déroulé notre expérience sur un an. »
– Qu’en est-t-il des menaces écologistes, qui remirent en question l’existence de l’Enduro ?
« Un comité de suivi environnement avait été mis en place avec les associations GDAM (Groupement de défense de l’environnement de l’arrondissement de Montreuil) et FNE (France Nature Environnement), la DIREN (direction régionale de l’environnement) les services maritimes, le laboratoire phytosanitaire de Bailleul, le préfet, les trois maires et nous. La dernière réunion, le 18 janvier, a duré 3 h 30. Le bilan de la première édition a été tiré. Les représentants écologistes n’y ont pas dit grand chose.
Clairement, on sait qu’ils voudraient que ça n’ait pas lieu car on est le mauvais exemple. Un tas d’épreuves, comme le Beach Cross de Berck, Hossegor ou la Gurp vivent grâce au Touquet et s’étioleraient sinon.
L’an dernier, alertée par ces associations, l’Union européenne avait dépêché des observateurs tout le week-end. Ils ont vu tous les efforts faits. On n’a pas reçu de réponse officielle mais, apparemment, cette pression européenne serait retombée. Au niveau institutionnel, des photos et un état des lieux avaient été faits avant et le lendemain de l’épreuve, de très grosses améliorations ont été constatées. Il y avait encore quelques traces de piétinement dans les dunes, vers l’ancien goulet, par la force de l’habitude , mais ç’a été positif.
Cette année, les petites marées nous permettent d’éloigner encore plus la piste sur la plage. Tout le spectacle sera encore devant les trois digues ( Le Touquet, Stella, Merlimont), qui sont de larges tribunes naturelles, ainsi que dans le patio du Touquet. Avec des “S” encore plus serrés, il sera plus technique et obligera les motos à passer encore plus au ralenti. »
– L’arrêté préfectoral, publié au dernier moment pour autoriser la course et que ces associations vertes contestent chaque année, ne devrait donc pas poser de problèmes ?
« La réunion du CDSR, le comité départemental de sécurité routière, s’est déroulée lundi dernier sous la direction du préfet lui-même, avec l’étude du célèbre article 15, qui prévoit toutes les dispositions environnementales. Apparemment, tout se passe bien. On a refait un balayage complet du dossier, ce qui est normal, le préfet n’a rien dit, même pas sur cet article 15. Je l’ai même trouvé assez détendu. Il a confirmé sa présence dès le samedi soir, pour la fameuse nuit de l’Enduro, et pendant toute la course. Il dirigera lui-même le PC course, ce qui est rare dans une épreuve sportive.
L’organisation est sur les rails, pour l’instant c’est nickel chrome.
Honnêtement, je ne vois pas ce qu’on peut faire de plus pour l’environnement, maintenant que c’est “plage-plage”. D’autant plus qu’on fait tout pour que les gens ne passent pas dans les dunes. On a reconduit le même dispositif, la signalisation et l’information seront encore renforcées pour redire que ça ne servira à rien d’aller dans les dunes, que le spectacle est ailleurs. On va également appliquer les mesures anti-bruit de la fédération internationale ( FIM), Sans préjuger de décisions administratives ou juridiques, c’est bien reparti et ça devrait être un grand cru. »
– Avez-vous modifié le parcours ?
« On a fait quelques adaptations. On a encore amélioré le spectacle devant les digues justement avec des buttes et des “whoops” plus spectaculaires. On a surtout changé la longue ligne droite. Le holeshot sera toujours jugé au dernier virage à Merlimont, mais au milieu, quasiment à Stella, on a créé une série de "S" assez serrés, avec des petits sauts. Même les plus rapides, qui atteignent 160, 170 km/h, seront obligés de couper les gaz et de remettre gaz juste après.
On a tenu compte des réactions des pilotes pour ne pas tomber dans une course à la puissance. Ils regrettent toujours les dunes, mais ils se sont fait une raison. Ils l’ont compris et parfaitement accepté. »
– L’Enduropale, sans dunes, est-ce encore l’Enduro ?
« Pour moi, c’est une nouvelle histoire. L’Enduro du Touquet au départ, c’était vraiment les dunes. Le pilotage était très physique, très technique. On voyait les gens souffrir physiquement. C’est moins dur maintenant, d’autant que les machines ont changé, avec davantage de recherche de puissance. C’est un nouvel esprit mais ça reste Le Touquet. »















