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La Voix du Nord - 10/06/2007
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MOTO Y a-t-il eu un coup tordu au bout de la ligne droite de l’Enduropale ?
Lors de la remise des prix du dernier Enduropale, deux pilotes furent classés ex-aequo pour le « holeshot », challenge qui consiste à virer en tête au bout de la première ligne droite. Alors que la prime aurait dû être divisée par deux, un seul des deux concurrents a finalement reçu les 1 500 euros dévolus au vainqueur.

PAR STÉPHANE CARPENTIER
sports@lavoixdunord.fr
Le 11 février, devant la digue de Merlimont, les spectateurs de l’Enduropale massés au bout de la longue ligne droite de sept kilomètres voient passer deux bolides côte à côte dans le premier virage. Il y a là l’énorme BMW du Douaisien Jean-Charles Lenain et la Kawasaki de l’Avesnois Yves Deudon.

Qui est passé en tête lors de ce fameux premier virage ? Difficile à dire.
Jean-Charles Lenain, qui est passé à la corde, est persuadé d’avoir gagné même s’il avoue que cela s’est joué à pas grand-chose. « Mais, lors de la remise des prix, Yves Deudon a fait son petit enfant gâté, il n’a pas accepté d’avoir perdu, alors on a dû faire comme chez Jacques Martin et dire que tout le monde avait gagné », raconte-t-il. « C’est vrai que j’ai protesté, car j’estimais qu’il y avait un doute alors j’ai demandé à ce que le directeur de course visionne les images filmées par la télévision », rétorque Yves Deudon.

Question de principe

« L’énervement de M. Deudon ne facilitait pas les choses », raconte Jean-Luc Maindron, le directeur de course ce jour-là.
J’ai donc bloqué la remise des prix et suis allé dans le car-régie de France 3 pour voir les images. En fonction des prises de vue, il était impossible de désigner un vainqueur. J’ai donc demandé à Francis Magnanou, le speaker officiel, d’annoncer que les deux pilotes étaient ex-aequo. Pour moi, il semblait clair que la prime devait être divisée en deux. » Mais Yves Deudon attend toujours sa part. « J’ai touché la totalité, confirme Jean-Charles Lenain, et comme je l’avais annoncé, j’ai reversé cette somme à des associations. Aujourd’hui, je trouve vraiment très petit qu’Yves Deudon réclame la moitié. Et dire qu’il était venu me voir trois semaines avant l’épreuve pour que je lui trouve des sponsors. C’est juste une question d’argent, c’est triste. » Yves Deudon se défend toutefois de quelque cupidité : « Franchement, pourquoi faire tout ça pour 750 euros ? Non, c’est d’abord une question de principe. Devant le public, les officiels et les journalistes, on annonce que nous sommes ex-aequo et finalement un seul pilote reçoit la prime, cela veut dire que ma place n’est pas reconnue. » Les résultats officiels ne tiennent, en effet, pas compte de l’avis du directeur de course et donc de la promulgation faite aux micros. « Le directeur de course n’a qu’un pouvoir absolu en matière de sécurité. Les résultats, eux, sont signés par le président du jury, qui, ce jour-là, était le président de la Ligue de Franche-Comté », explique Marc Jeansou, le président de la Ligue des Flandres. « C’est vrai que l’annonce publique n’aurait pas dû être faite, c’est une grosse bourde », regrette-t-il.
Mais, en attendant, celle-ci a bel et bien donné une fausse joie à un concurrent aujourd’hui diabolisé par sa propre Ligue qui l’accusait dernièrement sur son site Internet d’avoir délibérément fait annuler une épreuve du championnat des Flandres en guise de protestation. « Depuis Le Touquet, je n’ai pas roulé, rétorque Yves Deudon, je suis pris à cent pour cent sur un chantier de rénovation d’une maison. Je me suis retrouvé à court de temps et sans suffisamment de bénévoles pour organiser une course qui devait avoir lieu à Étroeungt. J’ai dû faire une lettre d’explication à tous les pilotes pour dénoncer ce que la Ligue avait écrit sur son site. » Yves Deudon, qui envisage de contacter le présentateur télé Julien Courbet, peut en tout cas compter sur l’appui de du directeur de course, Jean-Luc Maindron. « La Fédération française s’est saisie de l’affaire, mais je peux déjà vous dire qu’à la Ligue des Flandres, ils ont fait une faute de goût », lâche-t-il.
En attendant une révision officielle des résultats par la FFM et une vraisemblable réhabilitation d’Yves Deudon en tant que co-vainqueur du « holeshot  », le coup de pub de Jean-Charles Lenain pour BMW au Touquet est d’ores et déjà réussi. Des milliers de posters à l’effigie du vainqueur du « holeshot  » 2007 ont déjà été envoyés dans les concessions de la marque allemande. Faudra-t-il les détruire pour y ajouter la Kawasaki d’Yves Deudon ? •
 
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