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La Voix des Sports - 29/01/2008
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Les malades de l’Enduropale ont souvent rendez-vous sur les tables d'opération
Enduropale du Touquet Pas-de-Calais

La moto sport dangereux ? Si l’on fouine un peu plus dans les statistiques, personne ne pourra nier que chevaucher en course ces petits monstres de puissance reste un exercice délicat, classé à risque. Olivier Cænen, chirurgien réputé de la clinique des Acacias à Cucq, dresse un constat dur, mais réaliste d’un sport à consommer avec précaution.

Des patients, Olivier Cænen en voit de nombreux à longueur d’année. Tous viennent de loin, parfois même de très loin, le plus souvent pour un problème de genou. Mais ces derniers temps, le chirurgien cucquois a étoffé sa clientèle de quelques pilotes motos, venus grossir les rangs de la salle d’attente. Pour ne citer qu’eux, Frédéric Ramon ou encore Thierry François, deux des meilleurs pilotes sur sable de l’arrondissement, genoux en berne, en seront cette année quite pour voir l’Enduropale du côté spectateur. Alors, simple hasard ou dure réalité ? « La moto en tant que telle n’est pas dangereuse, c’est le pilote qui est dessus qui l’est, lance sans embages Olivier Cænen. À l’occasion de l’Enduropale, le facteur de dangerosité est aggravé par le nombre d’engagés, la durée de l’épreuve et la pénibilité du parcours, comme ce fut notamment le cas l’an passé. » Inutile de dire que beaucoup souhaitent que la pluie n’intervienne pas.

Épaule et genou

De la fracture à la simple entorse, en passant par quelques belles frayeurs, le bilan, s’il n’est pas toujours très lourd, reste variable, mais jamais anodin. « Les cas les plus fréquents sont pour 60 % ceux liés à l’épaule et au genou, explique encore le chirurgien cucquois.


Un pilote fatigué risque la chute et souvent la clavicule ou le poignée trinque. L’entorse du genou, due le plus souvent à un déséquilibre de la moto, est un grand classique, tout comme les fractures résultant d’une mauvaise réception sur les cale-pieds ou d’un choc avec d’autres concurrents. Enfin, il faut ajouter que cela peut aller jusqu’aux traumatismes crâniens ou du rachis, avec des conséquences parfois graves. »

Retour ?

Si bon nombre de pilotes ont déjà connu les affres de la blessure, beaucoup sont remontés en selle assez vite. De la gravité de la blessure dépend donc un éventuel retour en piste : « Tout dépend du profil, explique encore le praticien. Un ligament croisé touché, ce n’est pas comme en foot ou en ski. Il n’est pas exclu de pouvoir refaire de la moto, surtout avec les genouillères que portent les pilotes aujourd’hui. »

Blessé sérieusement l’an passé aux côtes et aspirant à un nouveau sacre sur les sables du Touquet, le Touquettois Jean-Claude Moussé est un bel exemple de retour en forme. Mais certains n’ont pas eu cette chance. • J. C. (CLP)  •

 



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