La Voix du Nord - 02/02/2008 |
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En 2006, l’Enduro du Touquet a été rebaptisé Enduropale. Depuis, la course évite soigneusement les dunes et a perdu de son caractère épique. Beaucoup de pilotes regrettent que le parcours soit trop rapide. Les champions étrangers s’y font également rares. La plus grande course de moto du monde aurait-elle perdu de son âme ?Le 18 novembre, cinq cents pilotes étaient au départ de la « Red Bull Knock Out », sur les plages hollandaises de Scheveningen, au nord de Rotterdam. Cette course, très célèbre aux Pays-Bas, était remportée par un certain Timoteï Potisek, devant un autre Nordiste, le Touquettois Jean-Claude Moussé. Heureux d’avoir pu se frotter aux meilleurs spécialistes, les pilotes français ont d’abord constaté la virtuosité du circuit et ont souligné des références en terme d’organisation.
Alors ceux-ci sont montés au créneau et, voilà quelques semaines, ils ont demandé à être reçus personnellement par Léonce Deprez, le maire du Touquet, pour discuter des améliorations à apporter à ce qu’il considère comme « leur » épreuve. « M. Deprez nous a vraiment écoutés et a même tapé du poing sur la table, déjà, des changements notoires ont été pris pour cette année, comme des dossards distinctifs pour les favoris » explique Sergeï Potisek, l’aîné de la fratrie qui alignera trois pilotes dimanche, dont Timoteï, le grand favori. « C’est vrai que la piste est encore trop roulante » explique Jean-Paul Wacquet, 61 ans, le vice-président de la Ligue des Flandres de motocyclisme. « Pourtant, on possède les moyens techniques adaptés pour rendre le circuit plus intéressant, plus spectaculaire et pourquoi pas créer un nouveau goulet sur la plage. »
« Arrêter de parler de l’ancien Enduro »
Le goulet est en effet resté pendant de longues années comme l’image symbole du Touquet. C’était l’endroit où il fallait être, l’image qu’il ne fallait pas rater et qui était ensuite rendue célèbre par sa diffusion aux quatre coins du monde. « On a tous envie que cela s’améliore, mais à partir d’un moment il faut aussi arrêter de parler de l’ancien Enduro » pense néanmoins Jean-Claude Moussé, 36 ans, vainqueur en 1999 et 2004. « Il n’y a pas que sur la piste que la course doit retrouver une âme, poursuit-il. Moi, par exemple, je suis très déçu que les concurrents ne passent plus par la rue Saint-Jean. Et puis les vainqueurs et le public méritent autre chose qu’une remise de trophée sous un chapiteau où on ne voit pas grand-chose et où personne n’en profite. »
En ce qui concerne le circuit, les pilotes sont plutôt satisfaits des modifications apportées dès cette année. « J’ai l’impression qu’on est en train de trouver le bon équilibre, on est quand même sur la bonne voie » se félicite Jean-Claude Moussé. Le nouveau tracé doit beaucoup à Sergeï Potisek, qui, du haut de ses 26 ans, a su faire parler sa passion de la course pour faire aménager un parcours plus technique, en y faisant ajouter des virages en épingle à cheveu et des successions de bosses. « C’est clair que ce sera encore plus dur physiquement, mais c’est ça Le Touquet, cela doit rester quelque chose d’inoubliable pour ceux qui pilotent, et les spectateurs doivent en avoir plein la vue » se justifie-t-il.
« Pas de secrets »
Nul doute que la foule appréciera comme il se doit les nouveautés du tracé 2008. Il faudra en revanche qu’elle patiente encore avant de voir des pilotes de calibre mondial se frotter au sable de Stella Plage et Merlimont. « Il n’y a pas de secrets, pour faire venir des "tops", il faut donner des primes à l’inscription, et sans doute augmenter les dotations » explique Jean-Paul Wacquet. En effet, au Touquet, le vainqueur n’empoche que 3 600 euros, contre 15 000 à la « Red Bull Knock Out » aux Pays-Bas. « Mais c’est d’abord aux constructeurs de faire venir les pilotes, et cela, ça passe par la "fédé" » précise aussi Jean-Claude Moussé. En attendant de futures améliorations, le dialogue est lancé et ils seront encore nombreux à rouler demain pour que vive l’Enduropale.














