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La Voix du Nord - 03/02/2008
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Le Touquet attend son duel
ÉVÉNEMENT Arnaud Demeester, sextuple vainqueur d’un côté, et « Tim » Potisek, vainqueur en 2006 de l’autre, sont les grands favoris
 Malgré un coup de froid, «Tim» Potisek paraît invincible, mais ilfaudra compter avec Demeester. Un Dunkerquois, mais lequel ? Timoteï Potisek, touché par un coup de froid, reste le favori cet après-midi. Arnaud Demeester, le sextuple vainqueur, se pose en principal rival. Il espère effacer une saison noire lors de l’épreuve qui cristallise toutes les ambitions. Et où rien n’est jamais écrit.

PAR FRÉDÉRIC SOURICE
sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS MAX ROSEREAU


Hier midi, Rudy Potisek, le chef de famille, maltraitait sa sucette. Il n’avait de cesse de la faire tournoyer dans ses doigts alors que la vérification technique des motos de ses trois fils touchait à sa fin. Timoteï avait le « ça va » fuyant lorsqu’on prit de ses nouvelles. Comme si cette question en apparence anodine, trop souvent posée depuis la matinée, l’agaçait.


En réalité, il avait pris un vilain coup de froid la veille. Un soupçon d’inquiétude avait gagné alors une partie du clan Potisek avant LE rendez-vous de l’année. Était-ce un pépin de santé sérieux, dommageable à l’heure de la lutte de cet après-midi ? La simple traduction par le corps d’une anxiété, de toutes les attentes qu’il suscite, lui, le favori ? « C’est vrai que je me suis affirmé cette année, mais il reste encore Arnaud (Demeester) et Jean-Claude (Moussé). Ce n’est pas plus lourd à porter. Même si je ne suis pas au top avec ce coup de froid, je me suis entraîné fort avant. Même à 70 %, ça devrait aller », souriait-il en début de soirée. Rétif à piocher dans la boîte à pharmacie, Timoteï Potisek avait préféré se réfugier sous la couette, hier après-midi, avant d’aller une dernière fois s’imprégner des contours et des pièges du circuit.
Invaincu sur le sable, cette saison, il visera un deuxième succès à l’Enduropale.

Demeester n’a rien à perdre

Alors que Timoteï Potisek se reposait, Arnaud Demeester tuait tranquillement les heures dans sa chambre d’hôtel. On savait qu’on le retrouverait devant son écran de télé, lui dont la journée débute invariablement par un petit coup d’oeil à une chaîne d’information de sport en continu. Devant un Tottenham - Manchester de football, il préparait ses six paires de lunettes pour son… dix-neuvième « Touquet ». Il semblait détendu.


Cette saison pourtant, Arnaud Demeester a traversé des mois difficiles. Pas la moindre victoire à se mettre sous la dent, un genou qui grince et une difficulté tenace à rivaliser avec Timoteï Potisek. « On m’enterre. Je sens que les gens doutent de moi », avouait-il après le triomphe de son rival à Berck. Ce qui ne l’a pas empêché d’accepter la prolongation de son contrat chez Yamaha, jusqu’au « Touquet » 2009. «  J’avais dit que quand je battrais le record de victoires (six victoires depuis l’année dernière), j’arrêterais et que j’irais chez les amateurs. Mais je n’aurais plus eu cette pression du gars qui peut gagner. J’avais envie de ressentir encore ça. » En attendant, en novembre, il a voulu resserrer autour de lui son équipe. « Mon mécanicien (Guillaume Davion) ne croyait plus en moi. On s’est séparé à l’amiable. » L’Audomarois Jérôme Courquin l’a remplacé. Et Yann Lozano est venu apporter son expertise en matière de préparation de moto.


Arnaud Demeester a bien mesuré l’envergure prise par « Tim » Potisek. « Il est très rapide. Et prend beaucoup de risques. Moi, inconsciemment, peut-être, j’en prends moins. J’ai 34 ans, deux enfants (Léo et Evan) aussi. Il ne faudra pas que je le laisse partir. Et pas faire de fautes comme à Hossegor. » « Sandman » s’est promis de mettre la pression. « Je sais ce que ressent “Tim”. Tu te dis : “il faut que je gagne”. J’ai connu ça, c’est difficile à gérer. Pour gagner, il me faudra une course impeccable. Je vais essayer de mettre une pression de tous les instants. Après, ça passera ou ça cassera. » •  Lire aussi en pages 2 et 3.


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