La Voix du Nord - 03/02/2008 |
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Il est l’un des principaux outsiders qui font le moins parler d’eux. On en oublierait presque que le Maubeugeois Yves Deudon a pourtant fini deuxième l’an dernier.
Pilote aussi talentueux que courageux, Yves Deudon, 34 ans, est au pied de son Graal. Une victoire au Touquet récompenserait la trajectoire étonnante d’un homme qui s’est battu pour se hisser au niveau des meilleurs.
En effet, il n’a découvert le sable de l’Enduro qu’en 1999, après avoir raccroché son guidon de moto-cross pendant deux ans. Pour sa première apparition, il finit dix-septième, le début de l’aventure commence. En 2002, ses bons résultats lui permettent d’intégrer le « team » officiel de Kawasaki. La marque verte, qui n’a gagné qu’une seule fois au Touquet, avec Yann Guedard, en 1992, a vu en Yves Deudon un porte-drapeau idéal. La Japonaise Eiko Kirino, grande patronne de la marque, est d’ailleurs venue découvrir en personne l’Enduropale cette année.
Malgré la présence prestigieuse de la « big boss », Yves Deudon ne se met pas trop la pression. « Le Touquet, cela reste une course où tout est possible, le pire comme le meilleur. » Réputé pour être un fin gestionnaire de ses efforts, il est prêt à changer de tactique. « Cette année, je compte quand même mettre les gaz, quitte à prendre plus de risques. »
La bonne année ?
Malgré la trentaine bien tassée, il ne s’est jamais senti aussi fort. « Yves ? Il ne s’est jamais blessé, il n’est pas usé », note Frédéric Bassaler, le responsable compétition chez Kawasaki. L’intéressé, lui, regrette simplement de ne pas avoir vu sa carrière décoller plus tôt. « Si j’avais eu un statut de pilote officiel plus vite, j’aurais peut-être pu rivaliser avec Arnaud Demeester », analyse-t-il, lui qui est né la même année que le sextuple vainqueur.
Et si Yves Deudon, l’homme des terres, lui qui réside dans l’Avesnois et a longtemps travaillé dans le commerce du bétail, était aujourd’hui sacré roi des pilotes, face à la mer ? ST. C.














